ChatGPT, le nouveau psy
Contre le stress des écrans, les Suisses soignent leur santé mentale avec l’IA

Face à l'explosion de l'anxiété, la Suisse succombe à un étonnant paradoxe. Selon une étude AXA, deux tiers des citoyens jugent les écrans nocifs, mais plus de la moitié d'entre eux confient désormais leur santé mentale aux algorithmes de l'IA.
Face au mal-être psychique, un Suisse sur deux consulte l'intelligence artificielle pour se soigner. (image d'illustration)
Photo: IMAGO/AFLO

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • Une étude révèle qu'une personne sur quatre en Suisse souffre de troubles psychiques, avec un taux alarmant de 39% chez les 18-24 ans.
  • Les troubles les plus courants sont la dépression (12%) et l'anxiété (9%), tandis que les seniors de 55 ans et plus voient leur santé mentale se détériorer.
  • Les jeunes adultes sont particulièrement touchés par les effets négatifs de l'exposition aux écrans, avec 93% des 18-24 ans déclarant un impact sur leur quotidien.
  • Malgré une méfiance envers le numérique, 55% des Suisses utilisent l'intelligence artificielle pour gérer leur santé mentale.
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Mathilde JaccardJournaliste Blick

Le constat est sans appel: la santé psychique de la population suisse vacille. Selon la dernière étude annuelle menée par le Groupe AXA sur la santé mentale, une personne sur quatre en Suisse déclare actuellement souffrir de troubles psychiques. 

Parmi les pathologies les plus fréquemment signalées par les 1000 participants suisses au sondage (ndlr: sur un total de 19'000 dans 18 pays différents), la dépression arrive en tête (12%), suivie de près par les troubles anxieux (9%). La vulnérabilité est particulièrement criante chez les jeunes de 18 à 24 ans, qui restent la tranche d’âge la plus durement touchée avec un taux de 39%, confirmant la tendance alarmante de l’année précédente (38%), précise l’étude publiée mercredi 3 juin. 

A l’inverse, si les trentenaires et les quarantenaires affichent une nette amélioration de leur état d’esprit, les seniors de 55 ans et plus voient leur santé mentale se dégrader, le taux de détresse grimpant de 14% à 19% en un an.

Angoisse et précarité

Plusieurs facteurs externes expliquent ce constat alarmant. L’incertitude globale quant à l’avenir pèse sur la majorité des sondés (43%), talonnée par l’angoisse financière et la précarité professionnelle (42%).

Le climat anxiogène et les tensions mondiales jouent également un rôle majeur: l’exposition permanente aux mauvaises nouvelles (35%), les crises sociopolitiques (35%) et l’instabilité géopolitique mondiale (34%) grèvent l’humeur des Suisses, tandis que les réseaux sociaux nuisent directement au moral de 28% des personnes interrogées.

Le poison des écrans, l’IA comme solution

Le rapport met en lumière un paradoxe contemporain saisissant. Deux tiers de la population perçoivent l’impact délétère du temps passé devant les écrans sur leur quotidien, un chiffre qui culmine à un niveau stratosphérique de 93% chez les 18-24 ans. Ce phénomène affecte particulièrement la qualité du sommeil (44%), la capacité de concentration (42%), la pratique d’activités physiques (39%) et l’état psychologique général (38%). 

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Pourtant, malgré cette méfiance avérée envers le numérique, plus de la moitié des Suisses (55%) avouent utiliser régulièrement ou occasionnellement l’intelligence artificielle (IA) pour gérer leur santé mentale. Cette béquille technologique pallie un net refus de consulter des spécialistes.

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En effet, 45% des personnes en souffrance jugent une aide professionnelle superflue, et 35% y renoncent pour des raisons financières. Les agents conversationnels et applications d’IA deviennent alors le premier recours: 37% des sondés les utilisent pour s’informer, 36% pour y glaner des conseils d’entraide, et un tiers pour planifier des mesures thérapeutiques concrètes.

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