Une avancée essentielle
Des chercheurs découvrent une faille clé dans les tumeurs

Des chercheurs du PSI à Villigen annoncent une avancée contre le cancer. Ils ont découvert une structure protéique clé, ouvrant la voie à de nouveaux traitements ciblés. Cette découverte pourrait stopper la division des cellules tumorales.
Des chercheurs du PSI à Villigen annoncent une avancée contre le cancer. (Image d'illustration)
Photo: Shutterstock
sda-logo.jpeg
ATS Agence télégraphique suisse

Des chercheurs de l'Institut Paul Scherrer (PSI), à Villigen (AG), ont trouvé une nouvelle approche potentielle pour les traitements du cancer. Ils ont découvert une structure jusque-là inconnue d'une protéine responsable, sous sa forme mutée, de plusieurs cancers.

Cette structure se compose de deux protéines B-Raf de formes différentes, qui se forment lors de la transmission du signal, indique le PSI mardi. Un court segment de la protéine se déplace alors vers son partenaire, de sorte qu'un pont de liaison se crée entre les deux. Ce court segment joue un rôle déterminant dans le processus cancérigène. Ce fait est connu depuis longtemps.

Arrêter la division cellulaire de la tumeur

Les chercheurs ont aussi observé les protéines asymétriques B-Raf en lien avec une autre protéine dénommée MEK1. Cette dernière se déplace ensuite et donne le feu vert suivant dans la chaîne d'information.

Cette découverte est utile pour le développement de médicaments. «Des principes actifs ciblés se fixent aux éléments actifs d’une cascade de signaux, dont ils interrompent la transmission. Ils font passer les signaux au rouge et arrêtent la division cellulaire dans la tumeur», écrit le PSI. «Mieux nous connaîtrons la forme de ces éléments actifs et plus nous pourrons concevoir des principes actifs précis, parfaitement adaptés à la situation», précise Yasushi Kondo, responsable de la nouvelle publication.

Responsable de la moitié des mélanomes

La protéine B-Raf fait partie d'une transmission centrale du signal à toutes les cellules humaines. Elle régule la croissance des cellules et la division cellulaire. Une protéine B-Raf mutée annule toutefois ce contrôle. Au lieu d'attendre des instructions, elle passe toute seule au vert et se bloque dans cet état.

Les autres cellules reçoivent alors en permanence un signal qui leur indique de se multiplier. Conséquence, la tumeur croît de manière effrénée. Près de la moitié des cas de cancer de la peau et environ 7% des autres types de cancer présentent une mutation d’une protéine appelée B-Raf.

Articles les plus lus