Elles agacent les piétons lorsqu’elles slaloment – illégalement – sur les trottoirs, et sont souvent abandonnées n’importe où en ville. Mais les trottinettes électriques sont surtout à l’origine d’un nombre croissant d’accidents, comme le montrent les dernières statistiques.
A Zurich, plus grande ville du pays, 94 accidents impliquant des e-trottinettes ont été recensés l’an dernier. Dans plus de la moitié des cas, ils étaient le fait de jeunes hommes alcoolisés rentrant de soirée, souvent sans casque.
Dans le canton de Schaffhouse, le nombre d'accidents a carrément doublé entre 2024 et 2026. A tel point que la conseillère d'Etat en charge de la police, Cornelia Stamm Hurter, a lancé un appel à Berne. «C'est au législateur fédéral d'établir enfin une réglementation claire sur la manière dont on doit se comporter avec ces trottinettes électriques», expliquait-elle auprès de la «Schaffhauser Nachrichten».
Vers l'obligation du port du casque?
De son côté, la Confédération a parfaitement connaissance des problèmes liés aux trottinettes électriques. Il faut dire que la situation est urgente: selon les experts du secteur, le nombre d'engins – estimé à environ 100'000 aujourd'hui – pourrait tripler au cours des dix prochaines années.
L'Office fédéral des routes (OFROU) a donc commandé un rapport dès l'année dernière, afin – entre autres – de lister les mesures envisageables à l'avenir. Les résultats sont désormais connus. Parmi les pistes évoquées figure un renforcement de la sécurité des usagers. «Une obligation du casque pourrait être discutée lors d’une prochaine révision», indique le porte-parole de l’OFROU, Thomas Rohrbach. En l'état actuel, le port du casque est seulement recommandé.
Des pistes cyclables plus larges?
Les experts plaident aussi pour d’autres mesures afin de sécuriser les trajets et protéger les piétons. Le développement des pistes cyclables semble central. Dans les faits, ces axes sont déjà destinés aux trottinettes, mais beaucoup continuent d'emprunter les trottoirs, fautes d’infrastructures adaptées. De nombreuses pistes sont par ailleurs trop étroites pour permettre des dépassements en toute sécurité. Or, leur aménagement relève des cantons, tandis que le stationnement des trottinettes dépend des villes et des communes.
Enfin, la cohabitation entre piétons, cyclistes et utilisateurs de trottinettes reste délicate. Les besoins divergent, notamment pour les personnes malvoyantes. «Ce qui sert de repère aux uns peut devenir un obstacle pour les autres», souligne Thomas Rohrbach, qui appelle donc à des solutions adaptées à chaque situation