Des révélations du SEM
Giorgia Meloni va reprendre les demandes d'asile qu'elle a laissées à la Suisse

Depuis 2022, la Première ministre italienne Giorgia Meloni refuse de reprendre les réfugiés relevant du règlement de Dublin. La Suisse se retrouve donc avec des centaines de demandes en attente. Mais la situation serait bientôt sur le point de se débloquer.
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Depuis 2022, Giorgia Meloni bloque la reprise en charge des réfugiés relevant du règlement de Dublin.
Photo: AP
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Céline Zahno

Depuis fin 2022, la Suisse se retrouve face à des centaines de demandes d'asile qu'elle n'a pas la compétence de traiter. En effet, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, refuse de reprendre ces dossiers dits «de Dublin»: des demandeurs d'asile initialement enregistrés en Italie, dont Rome est responsable en vertu de l'accord de Dublin.

Mais la situation est peut-être sur le point de se débloquer. «L'Italie a annoncé qu’elle allait reprendre les transferts de Dublin», annonce le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) en réponse à Blick.

Ce changement de cap de l'Italie est dû à l'entrée en vigueur ce vendredi 12 juin du pacte européen sur les migrations, la plus importante réforme du droit d'asile depuis de nombreuses années. Jusqu'à présent, la coopération entre les Etats membres de l'UE était difficile. Certains pays aux frontières externes de l'UE accueillaient un nombre de demandeurs nettement supérieur aux autres. Parallèlement, il n'existait aucun mécanisme pour répartir ces personnes d'une façon plus équitable. 

A présent, les Etats membres de l'UE sont en train de mettre en place un mécanisme de solidarité. D'un côté, les pays aux frontières internes de l'UE devront accueillir des réfugiés, leur apporter une aide financière ou un soutien logistique. En contrepartie, les pays comme l'Italie devront prévenir les migrations secondaires et seront responsable des migrants arrivant sur leur territoire. «Nous partons du principe que les premiers transferts reprendront après la mise en œuvre de l'accord avec l'UE», déclare Magdalena Rast, porte-parole du SEM. Le Secrétariat est d'ailleurs en contact avec les autorités italiennes à ce sujet. 

Des débuts difficiles

Le Conseil fédéral a récemment publié des chiffres sur l'ampleur de ce blocage avec l'Italie, en réponse à une interpellation parlementaire. Entre fin 2022 et avril 2026, la Suisse a repris les procédures d'asile pour 3071 personnes à cause de la suspension des transferts. 1046 personnes ont ainsi obtenu une protection en Suisse. La Suisse a également dû prendre en charge les coûts de ces procédures. Actuellement, 1211 personnes ont une date limite de transfert en attente. Elles pourraient théoriquement être transférées en Italie, avec l'accord de Rome. 

Avec le nouveau pacte entré en vigueur ce vendredi 12 juin, les Etats membres sont désormais appelés à mettre en œuvre ces règles. Mais bien que la Commission européenne ait lancé un plan commun à cet effet, tous les pays ne sont pas aussi bien préparés. Dans certaines régions, par exemple, on constate un manque de personnel ou de logements. Le démarrage de l'accord risque donc d'être difficile et nous ignorons encore quand auront lieu les premiers transferts depuis la Suisse vers l'Italie. 

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