Le gouvernement suisse a annoncé mercredi avoir réduit à deux le nombre de candidats pour son deuxième système de défense sol-air de longue portée, la France et Israël.
Après avoir évalué les offres de quatre constructeurs (de France, d'Israël et de Corée du Sud), le gouvernement «a décidé, au vu des aspects techniques, militaires, de politique d'armement et de politique de sécurité, de restreindre la sélection aux deux systèmes Barak MX (Israël) et SAMP/T NG (France)», a-t-il indiqué dans un communiqué.
Le choix reposera sur «des aspects non seulement techniques, militaires, liés à l'armement et à la politique de sécurité, mais aussi des aspects relevant de la politique étrangère et de la politique économique», a-t-il précisé.
Un retard de 5 à 7 ans
La Suisse entend renforcer sa défense aérienne face à la détérioration de la situation géopolitique. «Des systèmes de défense sol-air à longue portée sont indispensables dans ce but, avec une réserve adéquate de munitions. Associés aux systèmes de courte et de moyenne portée et aux avions de combat, ils permettent de contrer les attaques à distance, y compris les missiles balistiques», a expliqué le gouvernement dans son communiqué.
En 2022, la Suisse a commandé cinq systèmes de défense sol-air de longue portée Patriot, dont la livraison devait s'échelonner de 2026 à 2028. En juillet 2025, les États-Unis ont toutefois informé Berne que les livraisons seraient réorganisées, afin de privilégier le soutien à l'Ukraine. En mai dernier, la Suisse estimait désormais le retard à cinq à sept ans, notamment en raison de la guerre au Proche et au Moyen-Orient.
Le gouvernement a toutefois assuré mercredi «qu'abandonner l'acquisition du Patriot sans système de remplacement n'est pas une option dans la situation actuelle». Il juge en revanche «important que la Suisse puisse, en plus du Patriot, se doter rapidement d'un deuxième système qui réponde à ses besoins au vu de la menace, permette d'élargir la zone à protéger et réduise la dépendance à un seul fournisseur ou à une seule chaîne logistique».
Afin de réorienter l'armée vers la défense, la Confédération prévoit d'investir plus de 70 milliards de francs (près de 76 milliards d'euros) d'ici à 2039 dans l'armement, les stocks et les infrastructures. Une partie sera couverte par le budget fédéral, mais un financement supplémentaire de 24 milliards reste nécessaire. Le gouvernement entend couvrir ce montant par une hausse temporaire de la TVA, une proposition dont le Parlement doit encore débattre lors de sa prochaine session d'hiver.