Une industrie qui fait débat
Des drones de guerre dernier cri fleurissent discrètement en Suisse

La Suisse peut-elle développer ses drones militaires sans renier sa neutralité? Une enquête de la RTS révèle l’ampleur d’un secteur en plein essor, alors que les règles d’exportation seront soumises au peuple le 29 novembre.
Des visiteurs devant une publicité pour l'IA militaire de Helsing lors de la Conférence sur la sécurité à Berlin, le 3 novembre 2026
Photo: AFP
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Luisa GambaroJournaliste RP

La Suisse est-elle en train de devenir le laboratoire secret des guerres du futur? Près de 80 start-ups suisses participent en toute discrétion à la révolution mondiale des drones militaires, d'après une enquête de la RTS publiée ce mardi 3 novembre.

La guerre en Ukraine a bouleversé les champs de bataille, dominés par les appareils sans pilote. En Suisse, l'innovation s'emballe. A Fribourg, la société Volatorix a développé un drone autonome capable de foncer à 500 km/h pour pulvériser les appareils ennemis en plein vol, sans intervention humaine. Mais cette course mondiale crée des pénuries: le spécialiste vaudois Flyability peine à trouver des microprocesseurs et des moteurs, accaparés par l'effort de guerre.

Pendant ce temps, l'armée suisse tarde à s'adapter et vise un bataillon dédié pour 2028. Surtout, le cadre légal coince. Face à des règles de neutralité strictes sur l'exportation d'armes, certains logiciels comme le zurichois Auterion s'exilent déjà à l'étranger. Si la droite demande d'assouplir les normes pour sauver l'industrie, la gauche refuse de brader la tradition humanitaire du pays. Le peuple tranchera dans les urnes le 29 novembre.

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