Des stars désavantagées
Le début de la saison de ski sera-t-il bientôt chamboulé?

La Coupe du monde de ski alpin a un problème de calendrier, surtout en vitesse. Alors que les spécialistes des disciplines techniques entreront dans l'hiver la semaine prochaine, les plus rapides devront attendre longtemps. Quelle est la solution? Blick a pris le pouls.
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Le CEO de Swiss-Ski Walter Reusser n'apprécie pas le début tardif de la saison pour les spécialistes de la vitesse. Il est loin d'être le seul dans ce cas.
Photo: Sven Thomann
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Mathias Germann

La Coupe du monde commence fin octobre à Sölden avec deux géants. De quoi mettre l'eau à la bouche des fans de ski... avant un long passage à vide de trois semaines. Ce n'est pas nouveau et rien ne changera dans un avenir proche. Sölden le souhaite ainsi, l'industrie du ski également, et la Fédération internationale de ski n'y est pas opposée non plus. Mais de nombreux athlètes se plaignent que le début de la saison arrive trop tôt.

Le problème est ailleurs: la répartition inégale des disciplines dans le calendrier. Des skieurs comme Franjo von Allmen n'entrent en lice que cinq semaines après Sölden. Avant cela, ni descente ni super-G ne sont au programme. Chez les femmes, c'est encore plus extrême. Corinne Suter et ses coéquipières ne lancent leur saison de vitesse que huit semaines après l'ouverture de la saison de ski. La championne olympique déclare: «Il faut veiller à ne pas être prête trop tôt. Les premières courses de vitesse n'ont lieu qu'à la mi-décembre.»

Corinne Suter aimerait disputer plus tôt une descente ou un super-G – comme beaucoup d'autres. De préférence à Lake Louise (CAN), comme autrefois. Elle y avait remporté le super-G début décembre 2022. C'était la dernière édition de l'événement. Pas d'argent, pas de sponsors, pas de soutien. Lake Louise a disparu du calendrier. Un retour de l'étape canadienne au calendrier n'est pas à l'ordre du jour.

Quelles options pour les courses?

Quelles options restent possibles pour les premières courses de vitesse? Après deux tentatives infructueuses, la descente binationale de la Gran Becca, au pied du Cervin, a prouvé qu'un projet à 3000 mètres d'altitude n'était pas viable en novembre, un mois trop capricieux sur le plan météo. Quatre courses étaient prévues, aucune n'a pu être achevée. D'autres destinations en Europe ne se présentent pas.

«Panorama serait une possibilité», déclare le CEO de Swiss-Ski Walter Reusser. Il parle de la station de ski située en Colombie-Britannique, au Canada. C'est là que des courses de vitesse ont été disputées pour la dernière fois en 1992. Le Grison Daniel Mahrer avait alors remporté la descente. Aujourd'hui, il a 64 ans, preuve que cela ne date pas d'hier. «Il faudrait toutefois aménager la piste», précise Walter Reusser. Cela coûte également cher.

Reste la troisième possibilité. C'est la plus évidente. Dès 2027, Sölden pourrait organiser, en plus des deux géants, un super-G pour les femmes et un autre pour les hommes. Jack Falkner, l'inventeur de l'ouverture de la saison en Autriche, a récemment lancé cette idée. «L'aire d'arrivée resterait la même, le départ serait donné au-dessus du géant – la section qui se trouve là convient très bien à un super-G», estime Walter Reusser.

Le problème des débuts tardifs

On pourrait rétorquer: quelle importance si les spécialistes de la vitesse doivent patienter un peu plus pour leur première course? C'est vrai. Mais les spectateurs apprécieraient également une alternance entre les disciplines. Et pour les skieuses de vitesse, il ne s'agit pas seulement d'une question d'alternance.

Jusqu'aux Mondiaux de Crans-Montana (du 1er au 14 février), les femmes disputeront dix géants, huit slaloms ainsi que cinq descentes et cinq super-G. Une spécialiste de la vitesse de Swiss-Ski ne dispose que de quelques occasions par discipline pour remplir les critères de sélection – une fois dans le top 7 ou deux fois dans le top 15. Les maladies, les petites blessures et les forfaits sont difficilement envisageables. Les techniciennes ont nettement moins de stress.

Pour Walter Reusser, c'est clair: «Ce n'est pas bien. Et ce n'est certainement pas ce que nous voulons pour l'avenir.»

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