«Une grosse page qui se tourne»
L'Albaladejo Ladies ne réalise pas l'exploit pour la dernière de Marion Ernest

Les joueuses de l'Albadejo RC Lausanne ne sont pas parvenues à remporter un deuxième titre de championne suisse consécutive. Samedi, les Lausannoises se sont inclinés face aux Lucerne Dangels à Yverdon (23-8), pour la dernière de leur joueuse-présidente Marion Ernest.
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André Adopo, au centre de ses joueuses, après la défaite de l'«Alba» en finale de LNFA.
Photo: Thomas Freiburghaus
Thomas Freiburghaus
Thomas FreiburghausJournaliste

«Tête haute les filles!», tonne André Adopo. Le coach d’Albaladejo RC Lausanne est au centre d’un cercle composé par toutes ses joueuses. L’émotion est forte, les mots aussi. Les Lausannoises viennent d’être battues par les Lucerne Dangels en finale de la LNFA, sur le score de 23-8, dans le cadre du Suisse Rugby Finals Day, à Yverdon.

«Lucerne a été plus fort»

Après le coup de sifflet final, le coach d’«Alba» est partagé entre frustration du match et fierté d’une saison réussie. Il se plaint de l'arbitrage auprès des officiels de la fédération. «Je suis un peu tendu, nous glisse-t-il. Depuis la désignation de l’arbitre, je savais que ça allait être difficile pour nous.»

Pourtant, les siennes sont bien rentrées dans leur finale, inscrivant le premier essai par la rapide Manon Meunier, à la 18e (5-0) sous les hourras d’un joli kop lausannois qui a enchaîné les «Let’s go Alba, let’s go!» ou les «Alba, Alba, tes supporters sont là!». Puis, la partie a été âpre, très disputée, presque tendue. Et Lucerne a pris les devants. Mais juste après la mi-temps, les Lausannoises repassaient devant grâce à une pénalité transformée par Claire Oestreicher (42e, 8-7).

La suite, par contre, a tourné en faveur des Lucernoises, qui ont enchaîné essais et transformations, pour finalement s’imposer 23-8. «Si on a perdu, c’est que Lucerne a été plus fort. Ce que je regrette, c’est qu’on a fait beaucoup de mauvais choix. C’était peut-être dû à la pression, plusieurs joueuses n’ont pas l’habitude», analyse André Adopo.

La dernière de Marion Ernest

L’année passée, pourtant, les joueuses de l’Albaladejo RC Lausanne avaient défait les Lucernoises au même endroit, pour remporter leur premier titre national, le tout pour les 10 ans de l’équipe féminine. «C’est une belle rivalité. L’année passée, on a créé un peu la surprise en championnat. On était un peu plus attendues cette fois», déclare Marion Ernest, joueuse et présidente du club lausannois.

Genou en sang, médaille en argent autour du cou, elle enchaîne les câlins, les yeux mouillés par l’émotion. «C’est une petite déception de ne pas finir sur une victoire, lâche-t-elle. Mais c’est avant tout une fierté d’avoir un tel groupe. On est une bande de copines», lâche la No 12 lausannoise.

Au-delà de cette défaite en finale, l’émotion est forte pour Marion Ernest, qui vivait à Yverdon le dernier match de sa carrière. «C’est une grosse page qui se tourne. C’était une belle aventure, j’ai adoré être dans ce club», déclare celle qui quittera également la présidence du club dans un mois. Avant la finale, la joueuse-présidente avait choisi de ne pas annoncer à ses coéquipières qu’elle vivait sa dernière. «C’était un peu spécial, une remise de maillot quand c’est la dernière. J’ai pris sur moi pour ne pas montrer aux autres», sourit-elle, déjà nostalgique.

Au vu des applaudissements obtenus tant par leurs supporters que leurs adversaires après le match, les Lausannoises (et particulièrement Marion Ernest) peuvent effectivement repartir la tête haute.

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