Simon Ehammer ne s'est pas fait désirer. S'il est apparu en zone mixte bien longtemps après son saut qui lui a permis de devenir vice-champion d'Europe à la longueur, c'est qu'une rumeur de réclamation a circulé à propos de ses deux poursuivants au classement. Cela a semblé peu clair, même pour l'Appenzellois qui ne s'est pas trop attardé sur cette histoire. Lui voulait fêter sa médaille d'argent.
Après avoir pu le faire sur le podium, Simon Ehammer a (sans doute) pris la direction d'un pub anglais, comme il l'a expliqué aux médias suisses, une demi-heure après être monté sur la boîte. Interview.
Simon, que représente pour toi cette médaille d'argent?
Elle représente le fait que nous avons très, très bien travaillé malgré des circonstances différentes de celles que nous connaissons d'habitude, notamment avec ma blessure récente, et nous n'avons pas perdu en performance durant ces quatre semaines de rééducation.
As-tu un regret ou as-tu eu le sentiment que Miltiadis Tentoglou, avec son saut de 8,44 m, était trop loin pour être rattrapé?
Non, pas trop loin. Il aurait fallu un saut parfait dans ces conditions. Mais quand je vois que sur un saut à 8,29 m je laisse 10 cm à la planche, et que sur un saut à 8,22 m je fais pareil avec 15… C'étaient de très, très bons sauts. Mais bien sûr, cela aurait pu mieux se passer.
Tu n'avais plus sauté depuis Monaco et pourtant tu restes toujours sûr de ta force. Dans quelle mesure ton caractère a-t-il joué un rôle dans cette médaille?
Énormément. À Monaco, j'étais certainement un peu trop crispé, je voulais trop prouver que je pouvais confirmer ces 8,51 m. Ici, je pense qu'un saut à 8,29 m avec plus de deux mètres de vent défavorable, ça a de la gueule. Cela montre que j'étais décontracté et concentré sur mon sujet, et j'en ai simplement profité. Je me suis amusé et je crois que ça s'est vu.
Comment vas-tu fêter cette médaille?
D'abord, il y aura le contrôle antidopage, et ensuite je pense que le plus simple sera de trouver un pub quelque part. Je ne vais pas rentrer à l'hôtel pour me doucher puis revenir, parce qu'ensuite je serai fatigué. Donc c'est direction le pub, directement.
À l'avenir, aimerais-tu aller chercher ce titre sur le saut en longueur ou la priorité sera-t-elle mise sur le décathlon?
Comme chaque année, c'est une loterie. Bien sûr, j'aimerais faire les deux. Souvent, cela n'est pas possible et il faut faire un choix. Si je peux me décider ainsi chaque année grâce à mes performances, c'est un problème de riche et je me réjouis de devoir refaire ce choix. Mais oui, cette saison reste consacrée au saut en longueur. Il faut garder cette dynamique, car Athletissima et Weltklasse arrivent, deux meetings à domicile. Je pense que la forme ne va faire que s'améliorer.
Comment pourrais-tu résumer cette saison en quelques mots?
C'est certainement la meilleure saison que j'aie jamais vécue. Cela montre que nous avons bien travaillé et que nous reprenons là où nous nous étions arrêtés. Ça progresse d'année en année. Et je crois qu'on a pu voir que, malgré l'entraînement pour le décathlon, la régularité en saut en longueur s'est aussi améliorée. Quand je peux sauter deux fois à plus de 8,20 m avec du vent défavorable, cela montre que le travail a été très bien fait. C'est pour ça que je peux aborder très sereinement les prochaines compétitions: tout ce qui vient maintenant, c'est du bonus.