Le portrait d'Audrey Werro
La nouvelle étoile de l'athlétisme suisse ne posera jamais ses lapins

Audrey Werro a remporté la médaille d'argent du 800 mètres aux Championnats du monde en salle de Torun - sa première médaille chez les actifs et, en plus, un record suisse. Mais qui est vraiment la Fribourgeoise, fan de ses trois lapins?
1/6
La première médaille en élite est enfin arrivée! Audrey Werro est la nouvelle étoile de l'athlétisme suisse.
Photo: keystone-sda.ch
yara-Vettiger.jpg
Yara Vettiger

Audrey Werro (21 ans) a fait une entrée fracassante dans le cercle très fermé de l’athlétisme suisse, à Torun. Spécialiste du 800 mètres, la Fribourgeoise a décroché la médaille d’argent aux Championnats du monde, seulement devancée par la championne olympique britannique Keely Hodgkinson (23 ans). Une performance qui confirme son immense potentiel sur la scène internationale.

«C’est ma première médaille en élite. Je l’attendais depuis longtemps et je l’ai enfin obtenue. Et en plus avec un record suisse – c’est incroyable!», a-t-elle savouré après la course.

Révélation annoncée, confirmation éclatante

Déjà en vue en début de saison parmi les femmes les plus rapides du monde, la jeune Fribourgeoise a pleinement confirmé son statut de révélation helvétique. Sur 800 mètres, elle sait accélérer au moment juste, faire preuve d’intelligence de course et de combativité — des qualités qui la définissent depuis plusieurs années.

Une famille soudée, entre racines et douceur de vivre

Nouvelle étoile de l’athlétisme suisse, Audrey Werro vit à Courtepin, dans le canton de Fribourg, avec ses parents et ses trois frères et sœurs: Carole (24 ans), Ryan (20 ans) et Arno (16 ans). Sans oublier ses trois lapins, baptisés Crystal, Saphir et Perle.

Sa mère, Philomène, est originaire de Côte d’Ivoire, tandis que son père, Claude, est suisse. La famille n’a pas pu faire le déplacement à Torun — un voyage prévu pour sa mère a dû être annulé, faute de billets. Mais cela n’a pas entamé la joie de la médaillée: «Je sais que ma famille et mes amis ont regardé ensemble. Et aujourd’hui, je rentre à la maison pour les serrer dans mes bras et fêter ça avec eux.»

Très attachée aux siens, Audrey Werro décrit un père «véritable pilier de calme». Une sérénité qui disparaît toutefois les jours de course: «Deux heures avant, il ne pense plus qu’à ça et doit arrêter de travailler.»

Sa mère, en revanche, reste plus détendue. Une tranquillité que la coureuse semble avoir héritée d’elle: «Je suis toujours de bonne humeur et j’ai toujours quelque chose à dire. Et ma taille vient aussi de la Côte d’Ivoire — ma grand-mère est encore plus grande que moi!», sourit la jeune femme d’1,82 m.

Repérée à l’école

Si Audrey Werro impressionne par son talent, celui-ci ne lui vient pas directement de ses parents. «Courir vite, elle ne le tient pas de nous, reconnaît son père. En revanche, le mordant, l’ambition et la persévérance — ça, on lui a transmis.»

C’est une institutrice qui a repéré ses qualités dès son plus jeune âge. Elle rejoint ensuite le Club Athlétique de Belfaux, où elle est toujours entraînée par Christiane Berset Nuoffer.

Une ascension fulgurante

L’année 2025 a marqué un véritable tournant: titre européen U23 sur 800 mètres, titre de championne de Suisse avec l’un des meilleurs chronos mondiaux, finale des Mondiaux en plein air à Tokyo (6e), 4e place aux Mondiaux en salle à Nanjing, sans oublier un record suisse et une victoire en Diamond League à Zurich. Des performances qui lui ont valu le titre de «Rising Star» décerné par European Athletics.

Malgré cette ascension rapide, Audrey Werro garde les pieds sur terre. Diplômée du gymnase l’été dernier, elle peut désormais se consacrer pleinement à sa carrière sportive.

D’un naturel discret, elle se métamorphose sur la piste. «Don’t be shy, be a lion!» («Ne sois pas timide, sois une lionne!») était son mantra. Aujourd’hui, elle n’en a presque plus besoin. Et ce n'est que le début!

Articles les plus lus