Sur la piste, Mina Hirsbrunner, 17 ans, ne passe pas inaperçue. Grande, avec des cheveux blonds et des yeux bleu vif, elle attire les regards. Mais lors de son interview avec Blick, la jeune athlète se montre plutôt réservée. Et lorsqu’on l’interroge sur ses objectifs pour Dakar, elle se tourne même brièvement vers son entraîneuse.
«Me qualifier pour la finale, c’est mon objectif», répond dans un premier temps Mina Hirsbrunner. Puis elle jette un regard à son entraîneuse, qui hoche la tête d’un air encourageant. La jeune Bernoise sourit avant de préciser: «En fait, une médaille serait vraiment l’objectif. C’est ambitieux, mais pas impossible.»
A Dakar, elle aura l’occasion de se mettre en évidence sur une grande scène. Les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) s’y dérouleront du 31 octobre au 13 novembre. Mina Hirsbrunner sera l’unique représentante suisse en athlétisme. «C’est super cool», lance-t-elle.
Les places sont limitées et les Jeux olympiques d’été de la jeunesse n’ont lieu que tous les quatre ans. Après Buenos Aires en 2018, l’édition suivante devait se tenir à Dakar en 2022. En raison de la pandémie de Covid-19, le Comité international olympique (CIO) et le Sénégal ont décidé, en juillet 2020, de reporter les Jeux à 2026. Pour Mina Hirsbrunner, le calendrier tombe à pic: elle vient d’avoir 17 ans et se trouve dans la bonne catégorie d’âge.
Un duo de sœurs rapides
Rien ne la prédestinait au 400 mètres haies. Dans son club, le SK Langnau, Mina Hirsbrunner a essayé toutes sortes de distances lorsqu’elle était enfant. Elle courait notamment sur 600 et 1000 mètres, où elle figurait déjà parmi les meilleures Suissesses. Ses entraîneurs ont rapidement repéré son potentiel dans les disciplines de haies. La jeune athlète y a également pris goût, notamment grâce à deux grandes figures de son club: Noemi Zbären et Lisa Urech, qui ont marqué la discipline avant l’arrivée des sœurs Kambundji.
Sa sœur aînée Hanna, 19 ans, a également joué un rôle important dans sa progression. Elle pratique elle-même l’athlétisme avec succès et a même participé aux Mondiaux U20 en 2026. «J’ai voulu l’imiter. Et je peux profiter de son expérience, car elle me montre tout», explique Mina Hirsbrunner.
Un record suisse dès ses débuts
Pour la Bernoise, le déclic s'est produit l’année dernière. Ce n’est qu’à partir de la catégorie U18 qu’elle a pu courir le 400 mètres haies. Et dès sa première course sur cette distance, elle frappe fort: en 58’’11, elle bat le record suisse de la catégorie détenu par Yasmin Giger.
«C’est là que j’ai compris et que je me suis dis: tiens, je suis vraiment forte», raconte Mina Hirsbrunner. Cette nouvelle discipline change alors sa perspective. Elle commence à se dire qu’elle a peut-être trouvé sa voie. «Depuis, mon objectif est de devenir professionnelle.»
En 2026, elle confirme tout son potentiel. Aux Championnats d’Europe U18 de Rieti, elle décroche la médaille d’argent et améliore son record suisse en le portant à 57’’83. Elle remporte également le titre de championne suisse U18 en salle sur 60 mètres haies. La jeune athlète qui, enfant, aimait essayer toutes les disciplines s’est désormais fixé un grand objectif. Mais avant cela, il y a Dakar. Les JOJ pourraient bien représenter une nouvelle étape sur le chemin qui mènera cette jeune coureuse vers le haut niveau international.