Cette année, le Tour de France bat des records à tout va. Mercredi, les coureurs ont réalisé la plus rapide des étapes de l'histoire du Tour, avec une vitesse de 50,9 km/h de moyenne. En montagne aussi, les anciens records sont pulvérisés les uns après les autres par le leader du classement général, Tadej Pogacar. Mais pas que. Ainsi, lors de la sixième étape au col du Tourmalet, pas moins de dix coureurs ont battu l'ancien record d'ascension établi par le Slovène et Jonas Vingegaard en 2023.
Comment expliquer cela? Les coureurs et les équipes invoquent la professionnalisation du cyclisme: un meilleur matériel, une meilleure alimentation et une meilleure préparation permettent d’obtenir de meilleures performances. De plus, les temps ne sont que partiellement comparables en raison des différences de tracé. Expert en dopage, l'Allemand Hajo Seppelt estime que cette explication est insuffisante, comme il l’explique dans le «Tages-Anzeiger»: «Personne ne peut affirmer avec certitude dans quelle mesure la science de l’entraînement, la nutrition et le matériel ont contribué à cette évolution – ni, a contrario, quel rôle le dopage pourrait jouer dans ce contexte.»
Même si le Tour n’enregistre pratiquement plus de contrôles positifs depuis des années, la question du dopage n’est pas pour autant réglée. «Ce n’est pas parce que personne n’est contrôlé positif que tout le monde est pour autant propre, affirme Hajo Seppelt. Dans les années 90 aussi, les contrôles positifs étaient plutôt rares, et pourtant une grande partie du peloton était dopée.»
Un médicament serait répandu dans le peloton
L’Aicar, un médicament anticancéreux non encore autorisé, circule comme remède miracle. «Il a pour effet secondaire de rendre le métabolisme énergétique des cellules plus efficace. C’est un produit dopant très puissant, détaille l'expert. D’après certaines informations, il s’agirait d’un produit utilisé depuis des années dans le peloton pour améliorer les performances.»
Que ce soit avec l’Aicar ou autre chose, personne n’a encore été pris en flagrant délit lors du Tour de cette année. Cela vaut également après la 12e étape, remportée jeudi au sprint par Tim Merlier. À 49 km/h de moyenne, les héros de la route y sont allés, selon leurs standards, à un rythme tranquille.