«De loin mes plus belles émotions»
La victoire surréaliste du Stade Lausanne RC et de la famille Pharaony

Le Stade Lausanne RC a remporté le titre de champion suisse en battant le grand favori Yverdon au terme d'un match palpitant (40-39). Un premier titre depuis 40 ans qui a une portée particulière pour la famille Pharaony.
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Le Stade Lausanne RC a remporté samedi la finale face à Yverdon RC, devant champion de Suisse.
Photo: Thomas Freiburghaus
Thomas Freiburghaus
Thomas FreiburghausJournaliste

«Dédé» est en larmes. Il y a quelques secondes, son fils Henry vient d’offrir au Stade Lausanne RC son premier titre de champion depuis 40 ans, sur un essai venu d'ailleurs. Un scénario hollywoodien qui a permis aux Lausannois de vaincre Yverdon RC lors de la finale de LNA, pour un point, inscrit à la dernière minute.

Des gamins de l'école de rugby de Lausanne

«Ce sont de loin mes plus belles émotions dans le rugby», déclare André Pharaony, le papa, aussi vice-président et entraîneur des avants de l'équipe lausannoise. Avec ses deux fils Henry et Louis (capitaine habituel, mais suspendu pour ce match), ils viennent donc d’écrire l’une des plus belles pages de l’histoire de leur club de toujours. «C’est extraordinaire. J’avais deux objectifs dans le rugby: jouer en LNA avec mes deux fils. Et gagner le titre», énonce André Pharaony. Après avoir joué avec Louis en 2016, il l’a fait avec Henry en 2018. Premier objectif rempli. Et deuxième également, après cette victoire hallucinante de samedi. Celui-ci lui coûtera un tatouage du logo du club et sept étoiles sur l’arrière-train.

«Ma vie, c’est ce club. Je dédie cette victoire au 'prez' Andrew Cummins. On était tous les deux, presque seuls, pendant des années», continue «Dédé». Aujourd’hui, ils ont amené de nombreux jeunes Lausannois tout en haut du rugby suisse. Sur la feuille de match samedi face à Yverdon, douze «gamins» formés à l’école de rugby de Lausanne (ERL) – dont André Pharaony est le président. «On est 100% amateur face à une équipe de mercenaires», jubile «Dédé».

Une histoire familiale

Plus loin, son fils Henry est pris dans les bras par chaque membre de sa «famille» du Stade. Le jeune homme de 26 ans vient de réaliser le meilleur match de rugby de sa vie, réussissant huit transformations et inscrivant l’essai du titre, à la dernière minute de la rencontre.

«C’est surréaliste, je n’arrive toujours pas à expliquer la sensation. Sur le moment, je ne réalise même pas que ça gagne le match», sourit Henry Pharaony après avoir soulevé la coupe, cloche du meilleur joueur de la rencontre autour du cou. «J’étais à cinq mètres, il fallait que je marque. J’ai mis tout le gaz qu’il me restait», continue-t-il. Et le gaz, il ne lui en restait plus beaucoup, lui qui a eu des crampes plusieurs dizaines de minutes avant son essai décisif. «Derrière moi, plusieurs générations de joueurs, tous les fans, m’ont poussé», tente-t-il d’expliquer, conscient de la portée historique de son action.

Une victoire du «Stade» qui revêt donc une dimension familiale symbolique. «Je voulais jouer pour mon frère suspendu. Mon père, c’est la personne qui m’a poussé dans ma carrière rugbystique. Ma mère est une amoureuse de la performance. C’est un effort collectif qui nous amène à ce moment», résume bien Henry Pharaony. Et au-delà de la petite famille, le héros du jour n’oublie pas ses copains de l’ERL, avec qui il a commencé son sport, à quatre ans. Vingt-deux ans d’amitié et un titre pour l’éternité.

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