En débarquant devant le groupe de supporters du CA Belfaux venu accueillir Audrey Werro, Christiane Berset Nuoffer ne peut s'empêcher de verser une larme. La deuxième de la coach en l'espace de quelques minutes. Peu après midi à Birmingham, la Fribourgeoise a vu sa protégée chuter lourdement sur le tartan en demi-finales du 800 m. La médaille semblait s'être envolée.
Mais après un recours, Audrey Werro pourra finalement être de la partie pour les médailles. Un soulagement pour tout un clan, qui doit désormais planifier la finale qui aura lieu vendredi soir (22h46 en Suisse).
Christiane, quelle histoire! Peux-tu nous expliquer ce qu'il s'est passé concrètement juste après la chute?
Dans la demi-heure, un protêt a été déposé. Il semble qu'Anaïs (ndlr: Bourgoin) était assez proche d'Audrey. Au moment où elle court, elle touche le pied d'Audrey avec sa main – c'est en tout cas ce que l'on voit sur une image. Déstabilisée par ce contact, Audrey se tape l'autre jambe puis tombe.
On l'a vue légèrement blessée, mais rien de trop grave apparemment en vue de la finale de vendredi?
Le médecin de l'équipe l'a directement prise en charge et a désinfecté ses plaies. On espère que ce n'est que superficiel. Elle a en tout cas pu effectuer une récupération normale.
Est-ce que cet événement change l'approche et la préparation mentale de la finale pour toi et l'athlète?
Je n'y ai pas encore trop réfléchi (rires). C'est clair qu'elle ne veut plus revivre cela, car ce sont des situations qu'on aimerait éviter. Nous allons prendre le temps de tout poser à plat et faire une récupération standard: elle va aller manger, puis chez la physiothérapeute, faire un bain froid, et se reposer un moment. Ensuite, on débriefera la situation à froid pour voir ce qu'il s'est passé et comment aller de l'avant.
Sur le plan émotionnel, comment as-tu vécu ces deux dernières heures?
Dans un premier temps, j'étais interloquée et je me demandais comment cela avait pu se passer. Ensuite, j'ai vu Philipp Bandi, le chef de délégation, et Alain Croisier analyser les images. J'ai aussi reçu des images de la Suisse. De mon côté, j'ai laissé le chef de délégation gérer le dépôt éventuel d'une réclamation, et je suis allée récupérer Audrey avec le médecin pour m'assurer qu'elle allait bien et qu'elle n'était pas blessée. Keely Hodgkinson est également venue prendre de ses nouvelles, ce qui était très sympa.
Puis, il y a eu l'annonce du repêchage…
C'est uniquement à ce moment que j'ai versé une première larme – j'avais tenu jusque-là. Et en voyant tout le soutien dont elle bénéficie, notamment de la part des gens du club, j'ai versé ma deuxième larme. Maintenant, on peut se poser et aller se reposer.
Maintenant, place à la finale. Est-ce que cela change quelque chose dans la gestion de la course d'être 10 athlètes au lieu de 8?
Le rabat demande un peu plus d'audace. Les filles ont l'habitude de courir à 10 ou même 12 sur certaines courses, c'est juste inhabituel pour une finale. Il faudra faire attention au moment de se rabattre pour éviter les bousculades. Il faudra prendre sa place.