C’est l’une des histoires les plus folles de ces Championnats d’Europe, qui se sont achevés il y a une semaine à Birmingham. Pour lancer son heptathlon, Annik Kälin a réalisé une performance exceptionnelle au 100 m haies. La Grisonne a surclassé ses adversaires de plusieurs longueurs, bouclant la course en 12,59 secondes. Un chrono qui, dans d’autres circonstances, lui aurait permis de devenir championne d’Europe de la discipline.
Bien sûr, Annik Kälin a bénéficié d’un fort vent arrière. De plus, les courses de championnat sont souvent très tactiques. Il n’empêche: le fait qu’elle ait couru plus vite que la championne d’Europe du 100 m haies, la Néerlandaise Nadine Visser (12,67), a fait grand bruit à l’international. Même la championne du monde Ditaji Kambundji (12,75) est restée nettement derrière la Grisonne.
Au final, Annik Kälin a connu une grosse déception en terminant quatrième de l’heptathlon. Mais sa performance sur 100 m haies a beaucoup fait parler. Interrogée à ce sujet, Annik Kälin ne peut s’empêcher de sourire:«En fait, je ne me sentais pas si bien que ça. Il y avait presque trop de vent arrière (3,3 m/s, ndlr), et ce n’était donc pas forcément la course la plus agréable.»
Malgré tout, le nom d’Annik Kälin a fait le tour du monde de l'athlétisme, notamment chez les spécialistes de la discipline. Et ce n’est pas la première fois. Déjà en juin, elle avait réalisé un chrono de 12,60 secondes à Ratingen, en Allemagne. La native de Landquart (GR) garde toutefois la tête froide:«Je sais très bien évaluer ma performance aux Championnats d’Europe. La finale des spécialistes s’est déroulée un autre jour, à une autre heure et dans d’autres conditions. Malgré tout, je sens déjà une certaine reconnaissance dans le milieu.»
Première et point d’orgue de la saison
Ses efforts dans cette discipline vont désormais être récompensés d’une manière particulière. Jeudi soir, Annik Kälin affrontera Ditaji Kambundji et les autres grandes spécialistes lors du meeting Weltklasse Zürich. Va-t-elle une nouvelle fois déjouer les pronostics face aux stars de la discipline? Réponse sur la piste. Quoi qu’il arrive, la Grisonne n’a aucune raison de rougir après cette excellente saison.
Annik Kälin veut surtout profiter de l’instant:«Ce sera une expérience incroyable pour moi. C’est ma première course de haies en Diamond League et je n’ai encore jamais couru dans un peloton aussi prestigieux, composé uniquement de spécialistes.»
Elle considère cette course comme une forme de «consécration» après ses récentes performances, mais aussi comme un bonus au terme d’une année exceptionnelle. Avec, en point d’orgue, son triomphe historique à Götzis, en Autriche. Le meeting Weltklasse Zürich marquera la fin de sa saison. Et pour Annik Kälin, difficile d’imaginer une plus belle manière de tourner la page.