Grosse intervention coûteuse
Le crash d'hélicoptère dans le Léman, un grossier canular?

Une grosse opération de secours s'est déroulée dimanche soir au large de Lutry (VD): des témoins affirmaient avoir vu un hélicoptère sombrer dans le Léman. Alors qu'aucun débris n'a été repêché, les informateurs ont-ils agi de bonne foi? La police assure que oui.
Publié: 12.09.2022 à 17:38 heures
Deux hélicoptères ont participé aux recherches, dimanche soir (image d'illustration).
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Antoine HürlimannResponsable du pôle News et Enquêtes

La nouvelle était au moins aussi impressionnante que le déploiement des secours. Dimanche soir, vers 19h25, un hélicoptère venu de Villeneuve (VD) se serait possiblement écrasé dans le Léman, dans la région de Lutry. C’est du moins ce qu’a affirmé un témoin aux forces de l’ordre, qui se sont quasi immédiatement déployées.

Mais voilà: après plus de trois heures de recherches, aucune trace de ce prétendu accident n’a été retrouvée. Comment la police cantonale vaudoise fait-elle pour juger si une alerte est crédible? Avant d’envoyer la — coûteuse — cavalerie, avait-elle procédé à d’autres vérifications?

«Tous les appels qui parviennent aux numéros d’urgence sont importants et à prendre en considération, rétorque Florence Frei, porte-parole. La personne qui a avisé nos services n’a rien fait de faux en nous signalant ce qu’il pensait avoir vu, en l’occurrence un hélicoptère à l’eau dans le lac en question. De plus, il était accompagné de deux autres personnes au moment des faits.»

À la recherche de l'hélico perdu

Concernant les moyens engagés, les investigations ont été effectuées entre 19h30 et 22h45 tant du côté français que du côté suisse, avec un hélicoptère venu de chaque rive et des bateaux de la Société internationale de sauvetage du Léman. La Brigade du lac de la Police cantonale vaudoise y a également participé.

«Des recherches dans les aéroports et aérodromes sont restées toutes négatives, enchaîne Florence Frei. Outre le témoignage du groupe de trois personnes qui n’a pas été remis en cause, il n’y a pas eu d’autres témoins. Aucune personne d’annoncée disparue non plus et aucun débris retrouvé ou de liquide d’hydrocarbure.»

Elle complète: «Nous n’avons pas calculé les coûts des recherches, ceux-ci étant compris dans les frais de fonctionnement ordinaire des différents partenaires engagés.»

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Toujours selon la police cantonale, l’informateur n’était pas un petit plaisantin et a agi de bonne foi. Tant mieux pour lui. Car une personne qui ferait une fausse alerte risque une dénonciation (article 258 du Code pénal suisse — Menaces alarmant la population). «Ce qui n’est pas le cas pour cet événement précis, vu qu’il ne s’agit pas d’une fausse alerte volontaire», insistent encore les forces de l’ordre.

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