L'Ukraine a annoncé jeudi renforcer ses défenses dans sa partie septentrionale, à la frontière avec la Biélorussie. Le pays évoque la menace d'une nouvelle attaque à partir du territoire de cet Etat allié de la Russie.
Ces mesures, «sans précédent par la quantité de forces et de ressources déployées», selon les services de sécurité (SBU), visent à «constituer un moyen de dissuasion efficace contre toute action ou opération agressive de l'ennemi (russe) et de son allié». Sont concernés par ce déploiement la police, l'armée, la garde nationale et les garde-frontières. Cinq régions, notamment celles de Tcherniguiv, de Kiev et de Rivné, sont concernées.
Zelensky sur place
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré dans la foulée se trouver à Slavoutytch, dans le nord de son pays, où il a évoqué avec les responsables locaux la construction de structures défensives.
La Biélorussie et la Russie «doivent clairement sentir qu'il y aura des conséquences s'il y a des actions agressives contre l'Ukraine», a-t-il dit sur Telegram. Lundi, le Kremlin avait balayé d'un revers de la main les allégations ukrainiennes selon lesquelles Moscou s'apprêtait à impliquer Minsk dans le conflit.
Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a quant à lui assuré jeudi que son pays ne constituait «aucune menace pour qui que ce soit» mais qu'il était prêt à défendre la Russie «par tous les moyens possibles».
Craintes
Depuis plusieurs semaines, l'Ukraine dit craindre que la Russie n'utilise la Biélorussie pour lancer une nouvelle offensive à partir du nord, y compris en direction de la capitale. Elle avait déjà émis des craintes similaires en 2023 et 2024 sans que celles-ci se matérialisent.
En revanche, au début de l'invasion de l'Ukraine en février 2022, la Biélorussie avait permis aux troupes russes de déclencher à partir de son sol une vaste attaque dans le nord du territoire ukrainien en direction de Kiev. La Russie et la Biélorussie effectuent depuis mardi des exercices militaires impliquant les forces nucléaires russes, qui doivent prendre fin jeudi.
Le ministère russe de la Défense a signalé que l'armée avait notamment procédé avec succès à des tirs d'essai des missiles Kinjal, Yars, Sineva et Iskander-M, à capacité nucléaire, ainsi que du missile hypersonique Zircon.
Interrogé par l'AFP sur la probabilité d'une offensive à partir de la Biélorussie, l'expert militaire ukrainien Serguiï Zgourets a estimé qu'un tel scénario était improbable et a dit n'observer «aucun signe de concentration de forces et de matériel du côté biélorusse de la frontière». Selon lui, les annonces ukrainiennes sont à prendre comme étant «des mesures d'information préventives» à destination de Moscou.