Un «cadeau» du Qatar
Le nouveau Boeing 747-8 de Trump devrait décoller dès cet été

Lors de son voyage vers Davos, Donald Trump a dû faire demi-tour et changer d’avion à cause d’une panne. Le président souhaite désormais décoller au plus vite avec son nouvel Air Force One, offert par le Qatar.
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A l'occasion du WEF, Donald Trump a atterri à Zurich avec son avion de remplacement.
Photo: keystone-sda.ch
Patrik Berger

La panne est bien mal tombée. En route pour le Forum économique mondial de Davos, en Suisse, l'avion présidentiel Air Force One de Donald Trump a dû faire demi-tour au-dessus de l'Atlantique en raison d'un «problème électrique mineur». Le président a été contraint de se rabattre sur un Boeing 757, plus petit, et habituellement réservé au vice-président JD Vance. Cet incident a fourni à Trump l'argument idéal pour accélérer le recours au Boeing 747 mis à disposition par le Qatar.

En conséquence, la coûteuse transformation de cet appareil – qui ne répond pas aux normes en l'était – va passer la seconde, rapporte le magazine américain «Air&Space Forces». L'armée de l'air américaine prévoirait de déployer le nouvel avion dès cet été.

Officiellement, le jumbo jet s'appelle «VC-25». Il sert d’avion de transition en attendant la livraison par Boeing des deux nouveaux appareils présidentiels. Ces derniers accusent déjà quatre ans de retard et n'arriveront pas avant 2028 au plus tôt. Manifestement trop tard pour Trump, dont le second mandat touchera alors à sa fin, et qui souhaite par conséquent disposer de cet avion le plus rapidement possible.

400 millions de dollars, vraiment?

Depuis plusieurs mois, l'armée de l'air américaine travaille à la transformation du Boeing 747-8 qatari. Selon le secrétaire à l'Air Force, le coût est inférieur à 400 millions de dollars. En réalité, la transformation devrait se chiffrer bien plus copieusement. Les experts estiment en effet que le coût de l'opération est sous-évalué. De plus, ces travaux sont financés par les fonds destinés à un programme de missiles, ce qui ne manque pas de faire froncer les sourcils. Mais Donald Trump continue de défendre son «cadeau» avec véhémence.

Les experts en aviation s'accordent à dire que l'intérieur luxueux du nouvel avion de Trump devrait être achevé dans les délais. Toutefois, tous les systèmes de sécurité ne devraient pas être installés avant la livraison prévue, comme le rapporte le portail aéronautique «Aerotelegraph». Cette situation inquiète Washington.

Certains membres du Congrès alertent déjà sur les risques sécuritaires. Air Force One n'est pas un avion gouvernemental comme les autres: il doit pouvoir résister à un conflit nucléaire, même dans le pire des cas. Cela requiert des systèmes de protection spéciaux, un système de ravitaillement en vol avec une autonomie théoriquement illimitée et l'installation de la célèbre salle d'opération embarquée. De tels équipements spécialisés ne peuvent pas être installés du jour au lendemain.

Une autonomie de 14'300 kilomètres

Depuis 1990, le gouvernement américain utilise deux Boeing 747-200B, des appareils vieillissants et fréquemment sujets à des pannes. Le nouveau Boeing 747-8, destiné à Trump, diffère sensiblement du 747-200 sur plusieurs caractéristiques techniques. Mais c’est surtout son autonomie qui impressionne.

Selon son constructeur, le 747-8 peut parcourir 14’300 kilomètres sans escale, soit assez pour relier Washington à Hong Kong. En comparaison, le 747-200, dont l’autonomie atteint 12’500 kilomètres, ne peut pas effectuer un tel trajet.

Le Boeing 747-8 dispose d'un réservoir de carburant nettement plus grand que celui du 747-200, avec une capacité supérieure de plus de 40'000 litres. Le Boeing 747-8 affiche également une masse maximale au décollage plus élevée, d'environ 448 tonnes, contre environ 378 tonnes pour le Boeing 747-200.

Enfin, les deux appareils affichent des vitesses de croisière très similaires, dépassant toutes deux les 1000 kilomètres/heure. A l'avenir, Trump pourra se rendre encore plus facilement au Forum économique mondial de 2027 encore plus rapidement que cette année.

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