Le double séisme qui a frappé le Venezuela a fait 6509 morts, selon un nouveau bilan communiqué lundi par le gouvernement par intérim, alors que secouristes et proches cherchent toujours des corps dans les décombres deux mois après la tragédie. Le bilan officiel précédent, transmis le 17 août, faisait état de 6438 morts.
Au moins 190 immeubles se sont effondrés après les tremblements de terre de magnitudes 7,2 et 7,5 qui ont frappé le 24 juin le littoral vénézuélien et notamment l'Etat de La Guaira, au nord de Caracas.
Les familles de migrants réclament la justice
Les proches de migrants expulsés par les Etats-Unis et morts dans le séisme qui a frappé le Venezuela le 24 juin ont réclamé lundi au gouvernement vénézuélien des «excuses».
Un groupe de 146 migrants, dont sept enfants, était détenu par les services du renseignement dans un vieux bâtiment de La Guaira, un Etat au nord de Caracas, lorsqu'un double séisme a provoqué l'effondrement de l'édifice. Ces personnes avaient été expulsées des Etats-Unis quelques heures auparavant et privées de leurs téléphones portables et autres effets personnels.
«Mon fils n'avait de casier judiciaire ni aux Etats-Unis, ni au Venezuela (...) Que faisait-il en détention illégale?», a déclaré lundi lors d'un rassemblement à Caracas Oswadelis Nuñez, mère de Daniel Alejandro Nuñez Ramirez, mort à 28 ans.
Selon elle, au moment des tremblements de terre de magnitude 7,2 et 7,5, les autorités ont interdit aux migrants de quitter le bâtiment. Il n'y avait pas non plus de plan d'évacuation, affirme-t-elle. «Nous voulons une indemnisation morale, des excuses, (savoir) pourquoi ils ont fait ça, pourquoi cela est arrivé à nos enfants. Nous allons déposer des plaintes internationales et des plaintes ici au Venezuela (...) on ne va pas en rester là», a-t-elle déclaré.
«J'ai cherché mon fils pendant cinq jours, dans les hôpitaux de La Guaira et de Caracas», avant de le trouver dans une morgue improvisée, a-t-elle ajouté. Dans ses mains, elle tient une pancarte avec la photo de son fils et ces mots: «je t'aimerai toujours».
Oswadelis Nuñez a également critiqué le manque d'informations sur les migrants renvoyés au Venezuela, dont on ignore combien ont survécu au séisme et combien sont décédés. Le gouvernement «a failli à son devoir de diligence, qu'il assume sa responsabilité», a pour sa part estimé Luz Maris Meléndez, dont le fils Angelo est mort dans les mêmes circonstances.
Les recherches continuent
Deux mois après la catastrophe, des secouristes bénévoles et proches des victimes continuent de fouiller les décombres à La Guaira pour retrouver des corps. Les personnes dont le corps n'a pas encore été retrouvé sont considérées comme disparues. A ce jour, le gouvernement n'a pas publié de chiffre sur le nombre de personnes n'ayant plus donné de signe de vie.
Selon un dernier bilan, quelque 25'240 logements sont inhabitables. A La Guaira, les autorités ont procédé à plusieurs implosions contrôlées de bâtiments menaçant de s'effondrer.
Des milliers d'habitants vivent dans des camps temporaires, souvent dans des conditions précaires et à la merci des pluies torrentielles qui se sont abattues ces dernières semaines sur la région. Le gouvernement intérimaire de Delcy Rodriguez a promis des logements pour les sinistrés. A ce jour, 335 ont été mis à disposition, sur les 4000 promis d'ici la fin de l'année.