Une minute de silence au milieu des ruines
Un mois après le séisme, le Vénézuéla rend hommage à ses victimes

Un mois après le double séisme qui a fait 5546 morts, le Venezuela a rendu hommage aux victimes lors de minutes de silence. Les recherches laissent peu à peu place à la reconstruction.
Secouristes et proches des victimes ont interrompu les recherches vendredi, à l'heure exacte de la catastrophe, pour observer une minute de silence.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Secouristes et proches de victimes ont arrêté le travail de recherche vendredi pour observer une minute de silence entre les ruines à Tanaguarena, un des sites les plus ravagés dans le nord du Venezuela, un mois jour pour jour après le double séisme qui a fait 5546 morts.

Le bruit des machines et les coups de marteaux-piqueurs ont laissé place aux prières d'une femme, chapelet en main, «pour le repos éternel» des défunts devant un petit autel improvisé avec des jouets et des peluches. Puis à 18H04 (22h04 GMT), l'heure exacte de la catastrophe, les personnes rassembleés ont observé une minute de silence.

Ninute de silence et hymne national

Au complexe OPP 26 de Caraballeda, qui s'est écroulé et où des gens continuent de chercher des disparus, un hommage similaire a eu lieu avec une minute de silence, puis l'hymne national. De nombreuses personnes se sont enlacées et ont pleuré, après un mois de désespoir et de profonde douleur pour de nombreuses familles qui ont perdu leurs proches, et pour des milliers d'autres qui se sont retrouvées sans toit. Des cérémonies similaires ont été organisées sur des places publiques de Caracas. Des messages sont aussi apparus sur les réseaux sociaux.

Une procession menée par un prêtre a eu lieu sur l'avenue principale de Los Corales, où des immeubles se sont également effondrés. Les personnes portaient des cierges à la main, et le prêtre a béni un groupe de secouristes qu'il a rencontrés dans l'un des immeubles effondrés.

C'est un hommage «merveilleux, nous sommes tous dans un même combat, nous sommes tous entre les mains de Dieu. Et cela a été fait pour se souvenir avec tendresse de nos êtres chers», a affirmé Robert Rivero, 48 ans, qui a perdu un neveu et une belle-soeur dans l'immeuble OPP 33. Il porte une photo d'eux, imprimée sur son T-shirt blanc.

Manifestation pro-Maduro

Il a pu récupérer leurs corps dix jours après les séismes. «Nous leur avons déjà donné une sépulture chrétienne, mais l'idée est de sortir tout le monde, il y a encore beaucoup de gens ici» ensevelis sous les décombres, précise-t-il, alors que les disparus se comptent par milliers. Le nombre de morts s'élève à 5546, selon le dernier bilan officiel publié vendredi soir.

A Caracas, une centaine de sympathisants de Nicolas Maduro ont brûlé un drapeau américain et un drapeau israélien sur la place Simon Bolivar du centre de Caracas, criant des slogans hostiles aux Etats-Unis qui ont capturé l'ex-président et sont désormais omniprésents au Venezuela.

Les manifestants ont aussi piétiné des photos du président américain Donald Trump et du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, scandant «Gringos go home» ou «Ce n'est pas de l'aide, c'est une occupation», en référence à l'aide de Washington après le double séisme du 24 juin. L'ancien président Hugo Chavez et Nicolas Maduro, tout comme l'actuelle présidente, tenaient régulièrement des discours anti-impérialistes fustigeant de manière récurrente l'ennemi «yankee».

«Justice instrumentalisée»

Depuis la capture de Maduro, Delcy Rodriguez a toutefois, à la demande de Washington, notamment fait adopter une loi ouvrant le secteur pétrolier et minier au privé. Les Etats-Unis qui contrôlent les exportations de brut vénézuélien lèvent graduellement les sanctions contre le pays.

Vendredi, le nouveau ministre des Affaires étrangères Felix Plasencia, en poste depuis une dizaine de jours, a annoncé que le Venezuela allait quitter la Cour pénale internationale (CPI), qui a ouvert en 2018 une enquête pour de possibles crimes contre l'humanité commis sous la présidence de Nicolas Maduro. La CPI applique «une justice internationale qui, loin d'être appliquée avec équité, a été instrumentalisée pour approfondir les inégalités entre les peuples et nier leur droit à l'autodétermination et à la souveraineté», a estimé Felix Plasencia.

Double séisme

Deux séismes dévastateurs d'une magnitude de 7,2 et 7,5 ont secoué le 24 juin le nord du pays, provoquant l'effondrement de centaines d'immeubles, à Caracas et surtout dans l'Etat côtier de La Guaira, proche de la capitale. Les autorités n'évoquent pas le nombre des disparus. L'ONU avait estimé qu'il pouvait atteindre jusqu'à 50'000 le surlendemain du drame. Certaines projections avancent plutôt un chiffre proche de 10'000.

Les opérations de recherche cèdent progressivement la place à une nouvelle phase d'opérations, axées sur l'aide humanitaire, le déblaiement des débris et la reconstruction. Pour financer ces chantiers, le Fonds monétaire international (FMI) a débloqué une enveloppe de 346 millions de dollars.

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