Il a vu Zelensky et Netanyahu
Trump a pris ces 5 décisions sur l'Ukraine et l'Iran

Les funérailles du sénateur Lindsey Graham, mardi à Washington, ont permis à Donald Trump d'échanger avec les dirigeants ukrainiens et israéliens. Des discussions dont il a décidé de tirer les conséquences.
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Donald Trump a tenu à rendre hommage au sénateur décédé de Caroline du Sud Lindsey Graham.
Photo: AP Photo/Alex Brandon

En bref

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  • Donald Trump a rendu hommage au sénateur Lindsey Graham lors d'une cérémonie à Washington le 28 juillet, en présence de Zelensky et Netanyahu. Il a discuté des conflits en Ukraine et Iran, appelant à des actions diplomatiques et économiques
  • Trump exige une capitulation iranienne sur le nucléaire pour inverser la dynamique politique avant les élections américaines de novembre.
  • Le Sénat américain a voté par 86 voix contre 12 pour des sanctions renforcées contre la Russie, incluant les entreprises liées au pétrole et gaz. L'Arabie saoudite devient clé dans la stratégie nucléaire américaine avec un accord signé le 22 juillet
Richard Werly
Richard WerlyJournaliste Blick

Un moment de recueillement. Mais aussi l'occasion d'une réflexion géopolitique à trois mois des élections législatives de mi-mandat (midterms) du 3 novembre. A Washington, ce mardi 28 juillet, Donald Trump a tenu à rendre un hommage personnel et solennel au sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham, décédé brutalement le 11 juillet. Le président ukrainien et le Premier ministre israélien étaient présents lors de l'office religieux. Ils ont aussi rencontré le locataire de la Maison Blanche, lequel les a informés de ses intentions sur les deux conflits en cours, en Ukraine et en Iran.

Téhéran doit capituler sur le nucléaire

Donald Trump n'a pas l'intention de reprendre une vague de frappes aériennes massives sur l'Iran. Le président des Etats-Unis redoute que ce conflit s'enlise et devienne l'une de ces «guerres éternelles» dont les Américains ne veulent pas. Il sait en revanche qu'il doit, pour renverser la donne électorale lors des midterms et conserver des chances de victoire pour le Parti républicain (au moins afin de garder le contrôle du Sénat, dont un tiers des membres sont renouvelables), obtenir une capitulation iranienne sur le nucléaire. C'est ce que Trump a redit à Benjamin Netanyahu, à la fois pour le rassurer avant les prochaines élections législatives israéliennes du 27 octobre et pour éviter que celui-ci ne relance des frappes sur l'Iran. Problème: l'Iran est loin d'avoir capitulé.

Feu vert aux opérations secrètes d'Israël

Les médias américains, tels que Politico ou Axios, se sont fait l'écho de la discussion «extrêmement positive» entre Trump et Netanyahu. Mais il manque un sous-titre: Israël doit agir en secret. La fracture de l'opinion publique américaine est telle, à propos de l'Etat hébreu, que le président des Etats-Unis ne veut pas prendre de risques. Oui aux opérations clandestines contre les Gardiens de la révolution ou le Hezbollah au Liban. Pas question, en revanche, que le chef du gouvernement israélien force la main du Centcom, le commandement régional américain pour le Moyen-Orient basé en Floride. «Donald Trump s'est montré très critique à l'égard de Netanyahu, qu'il juge trop offensif au Liban, alors que les Etats-Unis tentent de négocier un cessez-le-feu durable», note Politico. Frapper oui, mais en secret.

Place à la guerre économique

La présence du secrétaire au Trésor Scott Bessent aux deux rencontres bilatérales entre Donald Trump et ses interlocuteurs Volodymyr Zelensky et Benjamin Netanyahu est révélatrice. Sur les deux dossiers ukrainien et iranien, le président des Etats-Unis est convaincu que l'arme économique doit maintenant être utilisée à plein. A propos de la Russie, cette arme est celle des sanctions. Mardi 28 juillet au soir, le Sénat à majorité républicaine a voté par 86 voix contre 12 en faveur de l'examen du texte cher au défunt sénateur Lindsey Graham, qui prévoit des sanctions primaires et secondaires contre la Russie, ainsi que contre les particuliers et les entreprises qui achètent du pétrole et du gaz russes.

Ce vote intervient juste après l'adoption, la semaine dernière, du 21e paquet de sanctions de l'Union européenne contre Moscou. La Grèce a obtenu une dérogation pour continuer d'exporter du gaz naturel liquéfié (GNL) russe vers des pays tiers, hors de l'Union européenne. Mais uniquement pour honorer des contrats signés avant le déclenchement du conflit, le 24 février 2022. Pour l'Iran, l'heure reste au blocus naval du détroit d'Ormuz et au blocage des fonds promis à Téhéran par le protocole signé le 17 juin. Donald Trump a annoncé que, «à compter de maintenant», Washington utiliserait les fonds iraniens qu'il «contrôle» pour indemniser l'ensemble des dommages causés aux navires, aux cargaisons ou à tout autre bien.

Zelensky doit se montrer pro-américain

Le message a été clair: Volodymyr Zelensky doit, dans les prochaines semaines, remercier le plus souvent possible les Etats-Unis pour leur soutien, surtout depuis l'accord donné par Trump à la production sous licence, en Ukraine, de missiles Patriot. Message reçu «loud and clear» (fort et clair) par le président ukrainien qui, à peine sorti du Bureau ovale, a publié ce message sur le réseau social X: «Merci pour tout ce que nous faisons ensemble afin de protéger la vie des Ukrainiens et de faire avancer la paix». Trump, dont on connaît le penchant pro-russe et pro-Poutine, veut exploiter la popularité de Zelensky, maintenant que celui-ci apparaît comme un winner (un gagnant) grâce aux prouesses de ses drones et à ses missiles «Flamingo». Trump n'oublie pas que, pour son public MAGA (Make America Great Again), la Russie de Poutine, héritière de l'URSS, demeure perçue comme un ennemi.

L'Arabie saoudite est le pays clé

Le brouillard demeure sur l'accord nucléaire historique signé le 22 juillet entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite. Un accord qui pourrait permettre au royaume d'enrichir de l'uranium à l'avenir et donc, potentiellement, d'acquérir une arme atomique. Washington a présenté cet accord comme un «accord de coopération nucléaire pacifique» qui donnera aux Saoudiens accès à la technologie nucléaire américaine, «au bénéfice de l'industrie, des travailleurs et des chaînes d'approvisionnement américaines, tout en contribuant à répondre aux besoins énergétiques de l'Arabie saoudite». Puis Donald Trump a lié, dans un message publié sur son réseau social, cet accord à la signature future, par Riyad, des accords d'Abraham avec Israël (ce que les Saoudiens ont démenti).

Qu'en conclure? Une chose: l'Arabie saoudite est le pays clé. Il s'agit, avec cet accord, d'affaiblir le rôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique et de rebattre les cartes dans le Golfe persique. Message à l'Iran: les Saoudiens auront la bombe si vous poursuivez votre programme nucléaire militaire. Message aux pays de la région: l'Arabie saoudite est le leader naturel du Moyen-Orient.

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