Sécurité nationale en question
Un arc de triomphe à Washington? Une juge se moque de Trump

Le projet monumental de Donald Trump se retrouve au cœur d’une bataille judiciaire. Des vétérans dénoncent son impact sur le paysage, tandis que l’administration invoque désormais des impératifs de sécurité nationale pour défendre le chantier.
L'invocation de la sécurité nationale a laissé la juge perplexe.
Photo: Dukas
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AFP Agence France-Presse

Une juge fédérale américaine a tourné en dérision vendredi les arguments de sécurité nationale invoqués in extremis par l’administration Trump pour justifier le lancement imminent du chantier d’un monumental arc de triomphe à Washington.

Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump multiplie les projets de construction ou de rénovation pour laisser son empreinte sur Washington, assurant vouloir ainsi rendre sa splendeur à la capitale fédérale, négligée selon lui par ses prédécesseurs.

Nombre de ces projets font l’objet d’âpres contestations en justice, et plusieurs d’entre eux ont été longuement évoqués devant la juge Tanya Chutkan à l’audience vendredi concernant cette arche monumentale de plus de 76 mètres.

«Projet prioritaire»

L’action contre la construction de cet édifice près du cimetière militaire d’Arlington, à l’autre bout du pont qui mène au Lincoln Memorial, un des bâtiments emblématiques de la capitale américaine, a été engagée par des vétérans de la guerre du Vietnam, dont deux ont témoigné à l’audience.

«L’arc coupera la vue entre le cimetière d’Arlington et le Lincoln Memorial», a souligné une avocate de la partie civile, Wendy Liu, demandant à la juge d’ordonner la suspension du projet dont la construction pourrait débuter dès le 5 novembre. Le représentant du gouvernement, Robert Stander, a qualifié ce chantier de «projet prioritaire» pour l’administration Trump.

La juge Chutkan l’a questionné sans ménagement sur les justifications de «sécurité nationale» invoquées à la dernière minute par le gouvernement. Robert Stander a reconnu ne pas avoir d’autre information que celles contenues dans les documents versés au dossier mercredi en vue de cette audience.

«Pas d’effet magique»

Les ministres de la Défense et de la Sécurité intérieure, Pete Hegseth et Markwayne Mullin, y affirment que le monument servira aussi de base de drones et de position pour les tireurs d’élite afin de renforcer la protection de la capitale.

La magistrate s’est demandé s’il ne s’agissait pas d’un argumentaire purement opportuniste, soulignant que ces considérations de sécurité nationale avaient pesé dans la décision de la Cour suprême fin août d’autoriser la poursuite des travaux d’une salle de bal monumentale à la Maison Blanche. «L’invocation de la sécurité nationale n’aura pas d’effet magique dans ce dossier», a prévenu la juge Chutkan, promettant de rendre sa décision aussi tôt que possible.

Rénovation d'un golf

Les débats ont aussi porté sur un autre projet ordonné par Donald Trump: la rénovation d’un golf de Washington, où une juge a suspendu tout nouveau déboisement, après l’abattage de centaines d’arbres le 10 octobre quasiment sans préavis.

Lors d’une audience vendredi, cette juge a lancé des investigations pour déterminer si des représentants de l’administration Trump avaient délibérément menti au tribunal dans cette affaire.

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