Dans le cadre de l'«Opération Vivaldi», les troupes ukrainiennes recourent de plus en plus à des armes de haute technologie. Récemment, le général à la tête de l'opération, Andrij Bilezkyj, a annoncé l'utilisation tactique de robots terrestres meurtriers. Cette stratégie passe déjà pour l'une des clés des premiers succès remportés dans la région de Donetsk. Interrogé par Blick, l'expert en géopolitique Klemens Fischer analyse ces nouveaux systèmes de combat.
«L’efficacité de ces robots de combat réside dans l’effet de surprise», précise l’expert. Celui-ci s’est toutefois dissipé au plus tard après la publication de cette information par l’Ukraine. Klemens Fischer estime néanmoins que les systèmes terrestres sans pilote continueront à marquer le champ de bataille de leur empreinte.
En effet, leur utilisation apporte des avantages tactiques même au-delà de l’effet de surprise, notamment en raison du large éventail de missions que peuvent accomplir ces robots, allant des tâches logistiques au déminage, en passant par les opérations de combat.
Technologie de pointe
Selon Klemens Fischer, l’utilisation de porteurs d’explosifs sans pilote au combat n’est pas une nouveauté. Sous leur forme la plus primitive, ils existaient déjà pendant la Seconde Guerre mondiale. «L’Ukraine applique toutefois avec beaucoup de succès les technologies les plus récentes à ce système de transport qui a désormais plus de quatre-vingts ans», explique l'expert. Il souligne que, lors de l’opération Vivaldi, les robots terrestres ont d’abord été acheminés par drone jusqu’à leur lieu d’intervention, puis guidés au plus près de leur cible par radiocommande.
Selon Klemens Fischer, de telles missions complexes posent toutefois de nouveaux défis en matière de fabrication et d'approvisionnement des composants. «Si les robots terrestres doivent être transportables par voie aérienne, cela influe sur le choix des matériaux de construction, afin de réduire au maximum la charge», précise-t-il. Dans le même temps, ils doivent être suffisamment robustes pour résister à l’atterrissage et pouvoir être guidés jusqu’à leur destination sur le terrain.
Des robots limités
La nature du terrain peut toutefois jouer un mauvais tour aux robots terrestres. La boue, les tranchées, les décombres ou le verglas, entre autres, peuvent entraver la progression de ces engins relativement lents. En terrain découvert notamment, ceux-ci s'avèrent très vulnérables aux drones ennemis. Une autre limite tient à leur rayon d’action restreint. Klemens Fischer précise: «Les robots sont adaptés à des missions ponctuelles, mais pas à la conquête de vastes territoires ni, a fortiori, au maintien de telles conquêtes.»
Lors de l’opération Vivaldi, des robots terrestres ont parfois été déployés jusqu’à 20 kilomètres derrière les lignes russes et utilisés là-bas contre des installations de ravitaillement. Klemens Fischer estime que la Russie va désormais devoir réorganiser ses zones de combat arrière et mieux défendre ses points logistiques.
«La technologie nécessaire à cet effet existe en principe», explique l'expert pour décrire la situation. Toutefois, cela nécessiterait du personnel supplémentaire, qui ne serait donc plus disponible, dans un premier temps, pour mener ses propres opérations offensives.