Comment Poutine recrute sans mécontenter les Russes
Moscou lance une mobilisation secrète

Selon Zelensky, la Russie préparerait une nouvelle campagne de recrutement à la suite des élections à la Douma. Ce sont surtout les étrangers – notamment les travailleurs migrants – qui risqueraient d'être enrôlés pour la guerre.
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Des recrues russes en formation: l'armée de Poutine a un besoin urgent de nouveaux effectifs.
Photo: keystone-sda.ch
Guido Felder

Alerte générale à Kiev. D’après le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la Russie a lancé les préparatifs d’une nouvelle vague massive de recrutement.

On s'attendait à ce que le Kremlin lance un appel à la mobilisation dès la fin des élections. Les élections à la Douma ont eu lieu il y a une semaine et se sont soldées, comme prévu, par une victoire du président Vladimir Poutine et de son parti «Russie unie».

Pour Moscou, le temps presse. Ce nouveau tour de vis militaire répond à une urgence absolue sur le terrain: l’armée russe subit actuellement de très lourdes pertes. Selon Zelensky, ce sont les étrangers qui sont visés en priorité. Afin de limiter le mécontentement au sein de la population, Moscou attire délibérément sur le front des travailleurs migrants et des mercenaires étrangers à coups de promesses financières alléchantes ou de procédures accélérées de naturalisation.

D'où viennent les mercenaires?

Selon Zelensky, 10'000 soldats supplémentaires devraient venir s’ajouter aux 8000 soldats nord-coréens déjà en service. De plus, d’autres étrangers devraient également être recrutés. L’une des principales sources est constituée par les millions de travailleurs migrants originaires d’anciens Etats soviétiques tels que l’Ouzbékistan, le Tadjikistan ou le Kirghizistan, qui vivent déjà en Russie.

Dans de nombreux pays africains (dont le Kenya, le Cameroun, le Nigeria, l’Ouganda ou le Ghana), des intermédiaires recrutent de manière ciblée de jeunes hommes, souvent sans emploi. Il n’est pas rare que l’on promette aux recrues de prétendus emplois civils. Ce n’est qu’après leur arrivée en Russie qu’ils se retrouvent dans des casernes, puis finalement au front. De tels cas sont également signalés dans des pays comme l’Inde, le Népal, le Sri Lanka et Cuba. Souvent, ce sont des réseaux de passeurs qui sont à l’origine de ces pratiques, promettant des revenus élevés en Russie.

Les autorités ukrainiennes chargées de la sécurité ont identifié à ce jour près de 29'000 étrangers originaires de 135 pays différents qui combattent aux côtés de Poutine. Les dirigeants de Moscou nient avoir l'intention de procéder à une nouvelle mobilisation générale. Le Kremlin affirme disposer d'un nombre suffisant de soldats contractuels volontaires.

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