Apaiser les tensions
Trump et le pape encore en froid? Marco Rubio débarque à Rome

Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio est arrivé au Vatican ce jeudi pour rencontrer le pape Léon XIV. L'objectif est clair: apaiser les tensions avec l’administration Trump, notamment sur des sujets sensibles comme l’Iran et l’immigration.
Marco Rubio est arrivé jeudi à Rome pour rencontrer le pape et apaiser les tensions.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Entre le pape américain et l'administration Trump, le temps n'est pas trop à la bénédiction. Mais le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio est arrivé jeudi à Rome pour s'efforcer d'apaiser les choses lors de sa rencontre avec le pape Léon XIV au Vatican, tout en faisant valoir les positions du président Donald Trump. Avant son déplacement, Marco Rubio, lui-même fervent catholique, s'est attaché à relativiser ce qui ressemble à des invectives du président américain vis-à-vis du pape, sur fond de guerre au Moyen-Orient et de lutte contre l'immigration.

«C'est un voyage que nous avions prévu auparavant et il s'est évidemment passé des choses», a-t-il dit mardi pendant une conférence de presse à la Maison Blanche. «Il y a beaucoup de choses à discuter avec le Vatican», a ajouté le secrétaire d'Etat, évoquant en particulier la liberté de religion.

Rencontre avec Giorgia Meloni

L'ambassadeur des Etats-Unis auprès du Saint-Siège, Brian Burch, a déclaré cette semaine aux journalistes que ce serait probablement une «conversation franche». Au premier jour de sa visite en Italie, Marco Rubio doit se rendre presque dès son arrivée au Vatican pour une audience privée à huis clos d'environ 45 minutes avec Léon XIV, à 09h30 GMT.

Il aura également un entretien avec le secrétaire d'Etat du Vatican, Pietro Parolin, et rencontrera la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, vendredi. «On l'écoutera», a déclaré mercredi ce dernier à des journalistes, soulignant que l'entretien est à l'initiative de Washington. «J'imagine qu'on parlera de tout ce qui s'est passé ces derniers jours. On ne peut pas ignorer ces sujets», a-t-il ajouté au Vatican.

«Honnêteté»

Loin de l'euphorie des premiers jours, alors que l'administration Trump se félicitait de l'élection il y a un an du premier pape américain de l'histoire, les relations avec le Saint-Siège se sont sérieusement dégradées. Le président américain a surpris en s'en prenant à Léon XIV, qu'il a qualifié de «faible» face à la criminalité et «nul» en matière de politique étrangère.

Lundi, pendant un entretien avec un podcasteur conservateur, le dirigeant républicain avait estimé que Léon XIV «pense que ce ne serait pas un problème que l'Iran ait l'arme nucléaire», l'accusant de «mettre en danger beaucoup de catholiques et beaucoup de gens». Le pape a répondu en déclarant: «Si quiconque veut me critiquer pour prêcher l'Evangile, qu'il le fasse avec honnêteté. L'Eglise s'oppose depuis des années à toutes les armes nucléaires, il n'y a aucun doute à ce sujet».

Trump critique le pape

Le pape et Marco Rubio s'étaient déjà rencontrés au Vatican avec le vice-président américain JD Vance, catholique converti, quelques jours seulement après l'élection de Léon XIV. Le pape, âgé de 70 ans, célébrera vendredi sa première année à la tête des 1,4 milliard de catholiques dans le monde.

Premier pape américain de l'histoire, qui plus est originaire de Chicago, fief démocrate, ce que Trump ne se prive pas de souligner, ses paroles ont sans doute pesé plus lourd à Washington que celles de ses prédécesseurs - et il s'en est servi, s'en prenant notamment à la politique d'immigration restrictive de l'actuel gouvernement américain.

Mais c'est son discours pacifiste de plus en plus marqué, en particulier après le début des attaques américano-israéliennes contre l'Iran, qui a suscité l'ire de Donald Trump. Léon XIV a ainsi qualifié d'«inacceptable» la menace de ce dernier de détruire l'Iran. Mais s'en prendre au pape «est un peu étrange. Le pape joue» son rôle, a affirmé Pietro Parolin.

Et Cuba?

L'autre dossier chaud, Cuba, devrait être abordé lors de ces entretiens jeudi. En annonçant le déplacement du secrétaire d'Etat, le département d'Etat y a fait clairement allusion en évoquant «l'hémisphère occidental», le terme désigné aux Etats-Unis pour parler de l'Amérique latine.

Le Saint-Siège joue depuis longtemps un rôle actif dans la diplomatie concernant Cuba. Marco Rubio - dont les parents sont d'origine cubaine - a lui dirigé les efforts de l'administration Trump pour faire pression sur le gouvernement communiste.

Depuis la chute du président vénézuélien, Nicolas Maduro, un allié de La Havane, capturé par les forces américaines début janvier, Washington applique une politique de pression maximale sur l'île déjà soumise à un embargo américain depuis plus de six décennies. Le pape connaît bien l'Amérique latine: il a acquis la nationalité péruvienne en 2015 après y avoir travaillé plus de 20 ans comme missionnaire.

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