L'administration Trump s'en prend à l'Europe, qualifiée d'«incubateur de menaces terroristes», ainsi qu'aux «extrémistes de gauche», dans la «stratégie d'antiterrorisme des Etats-Unis», un document publié mercredi par la Maison Blanche. Ce rapport définit trois principales «menaces» contre la première puissance mondiale: «les narcoterroristes et les gangs internationaux», les «terroristes islamistes historiques» et les «extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes.»
Il s'agit là d'une rupture avec la précédente administration, celle du démocrate Joe Biden, qui avait au contraire désigné les groupuscules d'extrême droite, en particulier ceux se revendiquant du suprémacisme blanc, comme une menace majeure pour les Etats-Unis. «Il est évident pour tous que des groupes hostiles bien organisés exploitent les frontières ouvertes et les idéaux mondialistes qui y sont associés. Plus ces cultures étrangères s'étendent, et plus les politiques actuelles de l'Europe durent, plus il y aura de terrorisme», lit-on dans le document publié mercredi.
«En tant que berceau de la culture et des valeurs occidentales, l'Europe doit agir maintenant et mettre fin à son déclin obstiné», est-il aussi écrit. La stratégie antiterroriste américaine est pilotée par un conseiller de Donald Trump, Sebastian Gorka, auquel ses détracteurs prêtent des liens avec des groupuscules d'extrême droite. L'administration Trump fait aussi part, dans cette publication, de son intention de poursuivre les opérations contre le trafic de drogue dans ce qu'elle appelle «notre hémisphère», appellation qui rassemble l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud.
«Protransgenre»
Le document vante à la fois les frappes menées contre des embarcations accusées de transporter des stupéfiants, et la spectaculaire capture, en janvier, de l'ancien dirigeant du Venezuela Nicolas Maduro. Cette vision pour l'antiterrorisme est alignée sur un autre document dont la publication avait fait grand bruit en décembre 2025, la «Stratégie de sécurité nationale».
On pouvait également y trouver une critique très dure de l'Europe et de ses politiques d'immigration. «En plus des cartels et des groupes terroristes islamistes, nos activités antiterroristes nationales auront aussi pour priorité d'identifier rapidement et de neutraliser des groupes politiques violents, dont l'idéologie est anti-américaine, radicalement protransgenre et anarchiste», indique l'administration Trump.
«Nous utiliserons tous les outils à notre disposition, sur le plan constitutionnel, pour les localiser, identifier leurs membres et retracer leurs liens avec des organisations internationales comme 'Antifa'», assurent les auteurs du document. Le mouvement «Antifa», pour «antifasciste», s'apparente davantage à une mouvance qu'à un groupe organisé.
C'est un terme généralement associé à une frange de l'extrême gauche, souvent évoqué par la droite et l'extrême droite à propos des violences dans les manifestations. Le président américain Donald Trump l'a désigné comme «organisation terroriste étrangère» l'an dernier, après l'assassinat de l'influenceur ultraconservateur Charlie Kirk.