Châtiments corporels et traitements humiliants
Les signalements de violence familiale ont triplé en cinq ans en Suisse

Depuis le 1er juillet, le Code civil interdit explicitement toute violence dans l'éducation des enfants. Pro Juventute salue cette avancée, mais alerte sur le triplement en cinq ans des demandes d'aide liées aux violences familiales et appelle à renforcer la prévention.
En 2025, la violence familiale était le sujet de 22 consultations par semaine en moyenne au numéro d'appel d'urgence 147.
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ATS Agence télégraphique suisse

Les parents doivent élever leurs enfants sans recourir à la violence. Ce principe est désormais inscrit dans le Code civil. La fondation Pro Juventute salue cette avancée, les demandes d'aide formulées par des enfants victimes de violence familiale ayant triplé.

Avec l'intégration de l'éducation sans violence dans le Code civil, les châtiments corporels et autres traitements humiliants sont explicitement interdits depuis ce 1er juillet. Le Parlement avait adopté la modification l'été dernier.

Le droit de l’enfant à une éducation sans violence vise avant tout un effet préventif et à sensibiliser l’opinion publique. Parallèlement, les cantons sont tenus de mettre à disposition des services de conseil facilement accessibles pour les familles confrontées à des questions éducatives.

Pro Juventute salue cette mesure comme un signal clair montrant que la Suisse ne tolère aucune forme de violence à l’égard des enfants dans le cadre de l’éducation, écrit-elle mercredi. Avec cette loi, la Suisse respecte une obligation découlant de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant.

Sept à huit par semaine

La réalité est toutefois en contradiction avec cette exigence légale. La violence à des fins éducatives reste répandue, selon la fondation.

L’an dernier, la violence familiale était le sujet de 22 consultations par semaine en moyenne au numéro d'appel d'urgence 147 de Pro Juventute. En 2021, on en comptait sept à huit par semaine. En 2024, le chiffre est déjà passé à 14 par semaine. Cela correspond à un triplement en cinq ans. En outre, il faut supposer un nombre élevé de cas non signalés.

Pour que le principe légal de non-violence s’ancre dans le quotidien des familles, la prévention doit être renforcée, estime Pro Juventute, qui réclame une campagne nationale de sensibilisation. Il faut aussi développer des offres de conseil et de soutien facilement accessibles pour les parents et les familles.

De telles mesures sont indispensables pour informer les parents sur les alternatives à la violence et leur apporter rapidement de l’aide lorsqu’ils se sentent dépassés. Pro Juventute propose un service de conseil aux parents, accessible gratuitement 24 heures sur 24 par téléphone, WhatsApp ou e-mail.

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