La Corée du Nord a tiré «plusieurs missiles balistiques non-identifiés» mercredi, selon l'armée sud-coréenne, qui a rapporté un lancement similaire survenu la veille. L'armée a dit avoir détecté dans la matinée «plusieurs missiles balistiques non-identifiés tirés depuis la région de Wonsan en Corée du Nord, vers la mer de l'Est», également connue sous le nom de mer du Japon. Ils ont volé sur environ 240 kilomètres.
Une heure plus tôt, elle avait rapporté le lancement mardi d'un «projectile non-identifié», cette fois depuis la région de Pyongyang, la capitale nord-coréenne. Ces manoeuvres militaires interviennent peu après des excuses de Séoul pour l'envoi de drones au Nord par des civils en janvier, qui avait rendu Pyongyang furieux.
D'après des analystes, elles sont le signe que le pays reclus reste indifférent aux mains tendues de son voisin, même si l'influente soeur du dirigeant nord-coréen, Kim Yo Jong, a qualifié de «sage» la décision de Lee Jae-myung d'exprimer des regrets. Le président sud-coréen cherche à réchauffer les liens bilatéraux depuis son élection en juin, tranchant avec la ligne dure de son prédécesseur conservateur. «Un incident impliquant des drones civils, qui n'aurait pas dû se produire, a eu lieu sous cette administration, et il a été confirmé qu'un responsable du Service national de renseignement et un soldat en service actif étaient impliqués», a-t-il déploré lundi.
Ignorer les tentatives du Sud
Mais mardi, un haut responsable de la diplomatie nord-coréenne a jugé «absurdes» des informations relayées par les médias sud-coréens présentant les commentaires de Kim Yo Jong de manière positive. «Cela restera également dans les annales comme une 'interprétation rêveuse et pleine d'espoir de la part d'imbéciles' qui stupéfient le monde», a asséné Jang Kum-chol, premier vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères, dans un communiqué en anglais relayé par l'agence de presse officielle KCNA.
Et il a réaffirmé que le Nord considérait le Sud comme l'«Etat ennemi le plus hostile». «Les tirs successifs et les récentes déclarations (de Pyongyang) soulignent la détermination de la Corée du Nord à ignorer les tentatives du Sud d'améliorer les relations intercoréennes», a résumé Lim Eul-chul, expert de la Corée du Nord à l'université Kyungnam.
Sous la présidence du prédécesseur de Lee Jae-myung, Yoon Suk Yeol, les tensions se sont grandement aggravées, avec notamment mi-2024 des nuées de ballons transportant des immondices lâchées par le Nord en réponse à l'envoi, depuis le Sud, de propagande par des militants anti-Pyongyang. Yoon Suk Yeol est d'ailleurs accusé d'avoir ordonné le vol de drones au Nord avec pour objectif d'utiliser la réaction de Pyongyang comme prétexte à la déclaration de la loi martiale, qui a abouti à sa chute en avril 2025.