Nouvelle loi adoptée
Le Japon muscle son renseignement sur fond de crise chinoise

Le Japon renforce son appareil de renseignement avec une nouvelle loi adoptée mercredi. Ce texte vise à centraliser les informations pour mieux répondre aux tensions régionales, notamment avec la Chine.
Le Parlement japonais a adopté une loi pour centraliser son appareil de renseignement.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Le Parlement japonais a adopté mercredi une loi approuvant la création d'un nouvel organe chargé du renseignement, une étape clé dans la volonté de la Première ministre Sanae Takaichi d'améliorer l'appareil sécuritaire du pays. Les dirigeants japonais plaident de longue date pour un renforcement des capacités de renseignement souvent jugés laxistes et déficients par leurs détracteurs, qui qualifient parfois l'archipel de «paradis pour l'espionnage».

Cette réorganisation intervient sur fond de vif différend diplomatique avec la Chine depuis plusieurs mois. Les relations entre les deux puissances voisines se sont dégradées depuis que Sanae Takaichi a suggéré en novembre dernier que le Japon pourrait intervenir militairement si la Chine attaquait Taïwan, île dont Pékin revendique la souveraineté.

«Maintenir la paix»

Cette décision doit permettre au Japon de regrouper les activités de renseignement, actuellement fragmentées entre plusieurs ministères, notamment la police, le ministère des Affaires étrangères et le ministère de la Défense. «Pour maintenir la paix et la prospérité et prévenir les crises graves, il est de la plus haute importance d'établir un système dans lequel le monde du renseignement apporte un soutien solide aux responsables politiques pour une prise de décision éclairée», a déclaré Takaichi mardi devant le Parlement.

En vertu de la nouvelle loi, le Bureau national du renseignement intégrerait les informations recueillies par les différents ministères et administrations et rendrait compte au nouveau Conseil national du renseignement, dirigé par la Première ministre.

Mais les détracteurs de Takaichi ont exprimé leurs craintes, que le renforcement des capacités de renseignement au sein d'un seul organe ne conduise à des abus de pouvoir de la part du gouvernement et porte atteinte aux libertés individuelles et à la vie privée. Des rassemblements d'opposants ont été organisés à travers l'archipel, affirmant que la volonté de Sanae Takaichi d'accroître les capacités de défense du Japon pourrait entraîner le pays dans des conflits armés internationaux.


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