Le Sri Lanka a ouvert mardi une enquête judiciaire sur les émeutes survenues dimanche soir dans une prison du pays, dont le bilan s'est aggravé à 27 morts, a-t-on appris mardi auprès des autorités. Un détenu de la prison de Negombo, dans la banlieue nord de la capitale Colombo, est décédé dans la nuit de lundi à mardi des suites de blessures par balles, a détaillé à l'AFP une source policière. Au total, les violences ont causé la mort de 20 détenus et 7 gardiens, selon la même source.
Un des gardiens, âgé de 23 ans, a été abattu d'une balle en pleine tête, a indiqué à l'AFP un médecin de l'hôpital de Negombo. Les émeutes ont éclaté entre détenus présentés comme des membres de gangs rivaux impliqués dans le trafic de drogue, avant d'impliquer les gardiens qui tentaient de ramener l'ordre dans cet établissement surpeuplé accueillant environ 10'000 prisonniers.
Commission d'enquête
Des détenus sont parvenus à leur dérober des armes et ont ouvert le feu, selon la police. Un total de 116 personnes, dont 23 agents pénitentiaires, étaient toujours hospitalisés mardi, selon des sources médicales. L'établissement était toujours encerclé mardi d'importants effectifs de police, a constaté un photographe de l'AFP, et continuait d'être évacué sous l'oeil des familles des détenus. Le ministre de la Justice Harshana Nanayakkara a annoncé mardi devant le Parlement l'ouverture d'une enquête criminelle sur ces émeutes, les plus meurtrières de ces dernières années au Sri Lanka.
Le gouvernement avait annoncé dès lundi la mise en place d'une commission d'enquête de trois membres, présidée par un juge retraité de la Cour suprême. En 2012, les forces de sécurité avaient ouvert le feu pour mater une mutinerie en cours dans la prison de Welikada, à Colombo, faisant 27 morts et 40 blessés dans les rangs des détenus. En décembre 2020, une mutinerie survenue dans les prisons sri-lankaises pendant la pandémie de coronavirus s'était soldée par 11 morts et 117 blessés, contraignant le gouvernement de l'époque à remettre en liberté des centaines de détenus.