La candidate de droite Keiko Fujimori affrontera le 7 juin son adversaire de gauche Roberto Sánchez au second tour de l'élection présidentielle au Pérou, a annoncé dimanche l'autorité électorale en proclamant officiellement les résultats du premier tour.
La fille de l'ancien président Alberto Fujimori est arrivée en tête du premier tour en avril avec 17,1% des voix, suivie de Roberto Sánchez, avec 12%, a détaillé le jury national des élections (JNE) après avoir terminé le dépouillement officiel du scrutin chaotique du 12 avril.
Les candidats «qui ont obtenu les deux plus hautes majorités relatives» sont Keiko Fujimori et Roberto Sánchez, a déclaré le président du JNE, Roberto Burneo, lors d'une conférence de presse. L'ultraconservateur Rafael López Aliaga, arrivé en troisième position avec 11,9%, n'a été devancé par Roberto Sánchez que de 21'209 voix.
Démêlés judiciaires de Sanchez
«Aujourd'hui, la stabilité économique, la démocratie, la liberté d'entreprendre et de travailler sont menacées [...] Je vous invite à transformer la peur et la déception en action et en espoir», a réagi Keiko Fujimori, 50 ans. Il s'agira de sa quatrième tentative d'accéder à la présidence.
Pour Roberto Sánchez, 57 ans, il s'agit en revanche de sa première candidature. «Nous devons vaincre la mafia corrompue qui gouverne aujourd'hui le Pérou. A bas le pacte mafieux! A bas le gouvernement corrompu! A bas le fujimorisme!», a-t-il lancé devant des centaines de partisans lors d'une réunion électorale à Lima.
Le candidat est actuellement empêtré dans des démêlés judiciaires. Le parquet a requis cinq ans et quatre mois de prison à son encontre pour avoir, selon l'accusation, fourni de fausses informations aux autorités électorales.
L'élection se déroule dans un contexte de grave instabilité politique, au cours de laquelle le Pérou a connu huit présidents depuis 2016. La plupart ont été destitués ou ont démissionné avant de subir le même sort en raison d'affaires de corruption. Le Pérou est en outre frappé par une grave crise sécuritaire liée à l'essor du crime organisé.