La Russie a convoqué jeudi l'ambassadeur arménien pour protester après la récente visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky en Arménie, pays allié de Moscou.
«Il était catégoriquement inacceptable, de la part de l'Arménie, d'avoir fourni une +tribune+ à Volodymyr Zelensky lors de récents événements financés par l'UE», a indiqué le ministère des Affaires étrangères russe, ajoutant que Moscou était «légitimement indignée» à ce sujet.
Plus tôt jeudi, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova avait jugé «incompréhensible» que l'Arménie ait accueilli le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d'un sommet à Erevan, et mis en garde contre les aspirations européennes de ce pays du Caucase.
L'Arménie, ex-république soviétique ayant gardé des liens avec Moscou et qui tente de se rapprocher de l'Europe, a accueilli lundi des dizaines de dirigeants, dont Volodymyr Zelensky, pour un sommet de la Communauté politique européenne (CPE). Un sommet entre l'UE et l'Arménie s'est ensuite tenu mardi à Erevan.
«Un Etat terroriste»
«Dans la société russe, c'est avec une profonde indignation, avec incompréhension que l'on a constaté (...) qu'un pays comme l'Arménie, que nous avions l'habitude de considérer comme un pays ami, frère, a servi de tribune. Pour qui? Pour un terroriste», a commenté Maria Zakharova lors de son briefing hebdomadaire.
Depuis le lancement de son offensive à grande échelle en Ukraine en février 2022, les responsables russes insultent régulièrement Volodymyr Zelensky et qualifient l'Ukraine d'«Etat terroriste», des accusations considérées à Kiev comme de la propagande de guerre.
«Conséquences politiques et économiques»
«Personne au sein de l'actuelle gouvernance en Arménie n'a remis Zelensky à sa place. Alors de quel côté de l'Histoire êtes-vous?» a interrogé Mme Zakharova. Interrogé jeudi par des journalistes sur l'accueil de Volodymyr Zelensky à Erevan, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a répondu: «Concernant la question de l'Ukraine, nous ne sommes pas un allié de la Russie.»
La porte-parole de la diplomatie russe a aussi critiqué la déclaration finale signée par l'Arménie et l'UE à l'issue de leur sommet mardi. Cette déclaration reconnaît l'aspiration d'Erevan à rejoindre l'UE et approfondit la coopération entre les deux parties dans les domaines économique et sécuritaire.
«Une telle ligne de conduite de la part des autorités arméniennes mènera tôt ou tard à l'implication irréversible d'Erevan dans la ligne antirusse de Bruxelles, avec toutes les conséquences politiques et économiques qui en découleront pour l'Arménie», a averti Maria Zakharova.
La Russie et l'Arménie sont tous deux membres de l'Organisation du traité de sécurité collective – une alliance militaire dont fait toujours partie l'Arménie malgré le gel de sa participation en 2024 – et de l'Union économique eurasiatique. L'armée russe possède également une base militaire en Arménie. En avril, le président russe Vladimir Poutine avait averti Nikol Pachinian qu'une participation à des blocs rivaux était «tout simplement impossible par définition».