Migrants fortement touchés
La crise au Moyen-orient pourrait coûter 14 millions d'emplois

La crise au Moyen-Orient pourrait entraîner jusqu’à 14 millions d’emplois perdus cette année, selon l’OIT. L’organisation prévoit une forte baisse des heures travaillées et des revenus en cas de hausse durable du pétrole.
Les pays arabes et l'Asie/Pacifique devraient être les plus affectés. Les travailleurs migrants seront fortement affectés.
Photo: DUKAS
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ATS Agence télégraphique suisse

La crise au Moyen-Orient pourrait coûter 14 millions d'équivalents plein temps cette année si le prix du baril dépasse de 50% la moyenne du début d'année. Le chiffre atteindrait 38 millions en 2027, a annoncé lundi l'Organisation internationale du travail (OIT) à Genève.

Dans un rapport, l'institution ajoute que le nombre d'heures travaillées pourrait reculer de 0,5% cette année et 1,1% l'année prochaine. Les revenus réels du travail devraient diminuer de 1,1 et 3%, soit 1100 milliards et 3000 milliards de dollars.

Le taux de chômage devrait lui progresser de 0,1 point de pourcentage cette année et 0,5 point l'année prochaine, ajoute encore l'organisation. Les pays arabes et l'Asie/Pacifique devraient être les plus affectés en raison de leurs liens avec les pays du Golfe.

Les premiers pourraient même voir un recul de 10,2% de leurs heures travaillées en cas de détérioration grave. Soit un taux plus de deux fois plus important qu'au moment du coronavirus. La région rassemble 40% d'emplois dans des branches très exposées aux effets de la situation actuelle. Et les travailleurs migrants seront affectés de manière disproportionnée.

Choc lent et potentiellement long

L'Asie/Pacifique, dépendante énergétiquement des pays du Golfe, devrait voir un recul des heures travaillées de 0,7% cette année et 1,5% l'année prochaine. Les revenus réels du travail devraient diminuer de 1,5% et 4,3%. Près d'un quart des travailleurs de la région au total oeuvrent dans des activités très exposées. De même, la région subit les effets du rapatriement de travailleurs migrants qui envoyaient d'importants montants dans leurs économies nationales.

«C'est un choc lent et potentiellement long», affirme l'économiste en chef de l'OIT, Sangheon Lee. Il va progressivement modifier les marchés de l'emploi. «Ce qui démarre comme un choc externe finit par atteindre les travailleurs et les entreprises» avec des conséquences pour la protection des conditions d'emplois décents, ajoute Sangheon Lee.

Les réponses politiques ont été inégales, fragmentées et contraintes par les enveloppes budgétaires. L'OIT parle d'approches à court terme. Il faut davantage se pencher sur les emplois et les revenus, selon elle.

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