Des paroles dans le vent?
Entre Pékin et Washington, beaucoup de politesse mais de grands désaccords

Donald Trump a quitté la Chine vendredi en revendiquant des accords commerciaux «fantastiques». Cependant plusieurs points de désaccords subsistent entre Washington et Pékin.
Derrière les sourires, les tensions restent fortes entre Pékin et Washington.
Photo: IMAGO/Xinhua
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Sandra Marschner

Tapis rouge, honneurs militaires, foule en liesse. Le président américain Donald Trump a été reçu en grande pompe à Pékin. Le milliardaire républicain a, lui, qualifié le chef d’Etat chinois Xi Jinping d'«ami» avec lequel il allait partager un avenir formidable.

Mais ces belles paroles ne suffisent pas à cacher les diverses tensions qui existent entre la Chine et les Etats-Unis, comme les problèmes de droits de douane ou la question de Taïwan. Blick passe en revue ces points de désaccords qui ont contribué à ce que ces discussions n’aboutissent pas à des résultats concrets.

La guerre en Iran

En Chine, considérée comme un allié important de l’Iran, Washington cherchait à trouver un soutien pour mettre fin à la guerre. Les dirigeants se sont accordés sur la nécessité d’ouvrir le détroit d’Ormuz et sur le fait que l’Iran ne devait pas posséder d’armes nucléaires. C’est en tout cas ce qu’a déclaré Donald Trump d’une interview sur Fox News.

Xi Jinping n’a toutefois pas promis de venir directement en aide aux Etats-Unis. Mais «il a déclaré qu’il ne leur (ndlr: aux Iraniens) fournirait pas d’équipement militaire. C’est une déclaration importante», a poursuivi le président américain. Un article récent du «New York Times» a cependant révélé que des entreprises chinoises prévoyaient de fournir des armes à l’Iran de manière indirecte, dissimulant ainsi leur origine.

De son côté, le «Washington Post» a révélé une analyse secrète du Pentagone selon laquelle la Chine tirerait un avantage géostratégique de la guerre en Iran. Par exemple, en fournissant des armes aux partenaires des Etats-Unis dans la région du Golfe ou en assurant l’approvisionnement énergétique de nombreux pays touchés par la crise. Cela confère ainsi à Pékin une position importante dans le dossier iranien et elle pourrait demander des contreparties si elle doit intercéder en faveur de la Maison Blanche.

Taïwan

Malgré toutes les amitiés échangées en début de rencontre, le chef d’Etat chinois a mis en garde jeudi le président américain contre un possible conflit au sujet de Taïwan. Si la question taïwanaise est mal gérée, des tensions, voire un conflit plus important, pourraient éclater entre les deux pays, a déclaré le dirigeant chinois, cité par l’agence de presse officielle Xinhua. Cela pourrait placer les relations sino-américaines dans une situation «extrêmement dangereuse», a averti Xi Jinping. Donald Trump n’a pas encore commenté cet avertissement.

La Chine revendique la souveraineté sur Taïwan, un Etat indépendant et démocratique. Les Etats-Unis jouent un rôle important auprès de l'île, notamment en lui fournissant des armes. Cependant, Washington reste volontairement vague quant à une éventuelle intervention militaire en cas d’attaque chinoise. Xi Jinping a par ailleurs souligné que la gestion du conflit taïwanais est la question la plus délicate des relations sino-américaines.

Accords commerciaux

Outre l’accord sur le nucléaire iranien et la question taïwanaise, les relations commerciales ont également occupé une place centrale lors de la visite de Donald Trump à Pékin. Le président américain avait menacé à plusieurs reprises la Chine dans le cadre de ce différend commercial et lui avait imposé des droits de douane de plus de 140% l’année précédente. Xi Jinping a riposté en suspendant simplement ses exportations de terres rares et d’aimants vers les Etats-Unis. La Chine dispose toujours d’un moyen de pression important dans ce domaine. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Pékin était responsable, en 2024, de 59% de l’extraction mondiale et de 91% du raffinage des terres rares.

Après la rencontre à Pékin, Donald Trump semblait satisfait. Il a déclaré à Fox News qu’il avait conclu un «accord commercial fantastique» avec la Chine. X Jinping aurait notamment accepté d’acheter 200 avions Boeing et manifesté son intérêt pour l’or noir américain. La Chine est un important acheteur de pétrole iranien.

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