Quelque 9 vols sur 10 de deux compagnies appartenant au premier groupe de transport aérien Lufthansa sont annulés vendredi, selon le syndicat UFO à l'origine d'un appel à la grève du personnel de cabine.
Le taux de participation à la grève est «gigantesque» et «presque tous les vols» de la marque «classique» Lufthansa et de la filiale régionale CityLine sont annulés, a indiqué à l'AFP le chef négociateur de l'UFO Harry Jäger, évaluant le taux d'annulation à environ 90%.
Quelques retards samedi
Sollicité par l'AFP, le groupe Lufthansa a simplement affirmé que «plus d'un tiers des vols de Lufthansa Airlines» étaient assurés vendredi, ce qui inclut Lufthansa Classic, Cityline, City Airlines, Air Dolomiti et Discover Airlines, et donc des compagnies non touchées par la grève.
Il a estimé qu'il serait en mesure de proposer «à nouveau la quasi-totalité du programme de vols samedi». Toutefois, le groupe a précisé que «quelques annulations et retards isolés» resteront possibles.
Annulations de vols en Suisse
La grève touche également la Suisse: huit vols ont été annulés à Bâle, quatre à Genève et six à Zurich. Dans le détail, à Bâle, quatre arrivées et quatre départs de Lufthansa ont été annulés vendredi, a indiqué l’EuroAirport à Keystone-ATS. La situation reste sous surveillance.
A Zurich, six vols entre Zurich et Francfort ont été supprimés, selon une porte-parole de l’aéroport. A Genève, deux vols aller et deux vols retour vers Francfort et Munich ont également été annulés. Munich n’est ainsi plus desservie par Lufthansa au départ de Zurich. La compagnie Swiss, ainsi que deux autres transporteurs, ont assuré des liaisons vers Francfort vendredi.
Swiss déploie des avions plus gros
En raison de la grève, Swiss, filiale de Lufthansa, prévoit d’utiliser des appareils de plus grande capacité sur les vols à destination de Francfort et de Munich. Cette mesure doit permettre à davantage de passagers d’atteindre leur destination. Grâce à l’utilisation d’Airbus A320 et A321, 30 à 60 passagers supplémentaires peuvent être transportés par vol, a indiqué la compagnie.
«Nous sommes conscients que les grèves entraînent des désagréments pour de nombreux voyageurs. Notre objectif est donc d’augmenter les capacités dans la mesure du possible afin d’acheminer un maximum de passagers», a précisé Swiss. Cette mesure concerne pour l’instant huit vols entre Zurich et Francfort ainsi qu’entre Zurich et Munich.
La compagnie est en contact étroit avec Lufthansa. Les voyageurs sont invités à vérifier régulièrement le statut de leur réservation et à mettre à jour leurs coordonnées afin de pouvoir être informés directement en cas d’annulation. Lufthansa recommande également aux passagers de se renseigner sur le statut de leur vol. Les billets peuvent être modifiés ou remboursés. En cas de retard de plus de trois heures, les passagers peuvent avoir droit à une indemnisation. La compagnie doit également fournir un transport alternatif, des repas et, si nécessaire, un hébergement.
Trafic paralysé en Allemagne
Tous les vols opérés par la marque «classique» Lufthansa sont affectés au départ des aéroports de Francfort et de Munich. Ceux de la filiale régionale Cityline le sont dans neuf aéroports d'Allemagne au total.
Selon une porte-parole de l'aéroport de Francfort, le plus important d'Allemagne, «environ 580 vols» sont annulés vendredi sur l'ensemble du trafic aérien généré, incluant donc d'autres compagnies. D'après son homologue de l'aéroport de Munich, 400 sont annulés dans la capitale bavaroise.
Quatrième grève en 2026
Cet appel à la grève, quatrième pour le groupe aérien depuis le début de l'année, survient au retour des vacances de Pâques pour la majorité des régions allemandes. A l'origine du mouvement, le syndicat UFO reproche à la direction de Lufthansa un manque de progrès sur des sujets-clés de «la surcharge de travail», d'une «meilleure prévisibilité» et de «l'allongement des délais de préavis».
Lufthansa a estimé que «des solutions durables» ne pouvaient être trouvées «que par le dialogue». Le groupe a appelé dans un communiqué l'UFO «à reprendre les négociations».