L'oeuvre reste en Suisse
Rome perd une toile du XIVe siècle pour une erreur de date

Une peinture médiévale italienne datée par erreur au XIXe siècle reste en Suisse après un jugement. La justice italienne a rejeté un appel tardif du ministère de la culture pour récupérer cette œuvre estimée à 500'000 livres sterling.
Une erreur de lecture dans la datation d'une peinture a coûté à l'Etat italien une toile du XIVe siècle (image d'illustration).
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ATS Agence télégraphique suisse

Une erreur de lecture dans la datation d'une peinture – un «3» changé en «8» - a coûté à l'Etat italien une toile du XIVe siècle. La justice transalpine a rejeté un recours du ministère de la culture contre l'acquisition de cette Vierge à l'enfant par une société suisse.

La toile avait initialement été déclarée comme peinte au XIXe siècle et estimée à 38'000 euros. Au dos, une inscription semblait indiquer: «Peint par Alfonso Martorelli Fiori, Bologne, 1850». Qualifiant l'oeuvre de «qualité modeste», l'instance chargée d'autoriser les exportations des oeuvres d'art avait donné son feu vert le 10 août 2020.

Une fois à l'étranger, la toile avait été restaurée en octobre 2022. Il s'est alors avéré que l'inscription était «1350» et non «1850». La maison d'enchères Christie's avait alors classé la peinture dans la catégorie des Maîtres anciens, l'attribuant au peintre surnommé le «Maître de 1302». Elle avait estimé l'oeuvre entre 400'000 et 500'000 livres sterling.

En mars 2023, soit deux ans et demi après sa décision, le ministère italien de la culture avait tenté d'annuler l'autorisation de faire sortir la toile d'Italie, accusant la société suisse d'avoir fourni de fausses informations. Mais le tribunal régional du Latium avait donné raison à la société helvétique, une décision confirmée par le Conseil d'Etat, rapporte lundi le Corriere della Sera.

L'oeuvre reste en Suisse

La plus haute juridiction administrative d'Italie a rappelé qu'une récente décision de la cour constitutionnelle fixe à douze mois le délai maximum pour révoquer une autorisation de libre circulation d'une oeuvre d'art. Le ministère est intervenu trop tard. La Vierge à l'enfant reste en Suisse et pourra être vendue librement.

En janvier dernier, le Conseil d'Etat avait déjà rendu une décision similaire dans le cas d'un portrait attribué au peintre et écrivain de la Renaissance Giorgio Vasari (1511-1574). Là aussi, le ministère de la culture avait réagi en dehors des délais prévus. Une circonstance qui pourrait, selon les juges, s'être produite dans d'autres cas n'ayant pas été portés devant les tribunaux.

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