Le chef de la junte birmane, devenu président, a ordonné jeudi que l'ancienne dirigeante élue Aung San Suu Kyi, emprisonnée dans un lieu tenu secret, purge le restant de sa peine de prison assignée à résidence.
Dans un communiqué, le nouveau chef de l'Etat, Min Aung Hlaing, qui avait été à la tête du coup d'Etat de 2021 contre le gouvernement de la lauréate du prix Nobel de la Paix, a déclaré qu'il «commuait le reste de la peine» de cette femme de 80 ans «en assignation à résidence».
Le lieu de résidence n'a pas été précisé. Mais une source de son parti dissous, la Ligue nationale pour la Démocratie (LND), a dit à l'AFP qu'elle serait probablement maintenue à l'isolement dans la capitale Naypyidaw. «Nous ne savons pas exactement où», a déclaré cette source, qui s'est exprimée sous couvert d'anonymat pour des raisons de sécurité.
Aung San Suu Kyi, détenue depuis le coup d'Etat, avait d'abord été reconnue coupable au cours de procès à huis clos et condamnée à plus de 30 ans de prison pour des chefs d'accusation allant de corruption à la violation des réglementations liées au Covid-19. Une grâce accordée en 2023 pour certains des crimes retenus contre elle a abouti à réduire sa peine à 27 ans.
Toujours populaire, mais malade
Aung San Suu Kyi reste populaire en Birmanie et sa famille alerte régulièrement sur la dégradation de son état de santé.
Min Aung Hlaing a accédé à la présidence au début du mois à l'issue d'un processus électoral qualifié à l'étranger de manoeuvre pour prolonger le régime militaire sous une apparence de pouvoir civil et excluant la LND d'Aung San Suu Kyi.
Cette transition s'est accompagnée de l'assouplissement de certaines mesures de répression mises en place par la junte au cours des cinq dernières années.
Les défenseurs de la démocratie estiment que ceci ne constitue qu'un changement de façade destiné à redorer l'image du gouvernement, composé en majorité d'anciens militaires.