Le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme Volker Türk a réclamé vendredi la libération «immédiate» et «inconditionnelle» de l'ancienne dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, après l'annonce d'une amnistie ayant légèrement réduit sa peine.
Vendredi, les autorités birmanes ont annoncé une amnistie qui réduit d'un sixième toutes les peines inférieures à 40 ans et annule toutes les condamnations à mort. Dans ce cadre de cette amnistie décidée par l'ex-chef de junte et nouveau président Min Aung Hlaing, l'ex-président birman Win Myint, emprisonné depuis le coup d'Etat militaire de 2021, a été libéré vendredi.
Selon une source proche du dossier, la réduction de peine s'applique également à l'icône déchue de la démocratie birmane Aung San Suu Kyi, 80 ans, qui purge actuellement une peine de 27 ans dans un lieu tenu secret. Celle-ci était dirigeante de facto du pays au titre de «conseillère de l'Etat» de 2016 à 2021. Dans un message posté sur X, Volker Türk s'est dit «soulagé par la libération tant attendue du président Win Myint et d'autres prisonniers détenus arbitrairement, ainsi que par la commutation des peines de mort».
«Libérée sans conditions»
«Toutes les personnes détenues injustement depuis le coup d'Etat – y compris la conseillère d'Etat Aung San Suu Kyi – doivent être libérées immédiatement et sans condition», a-t-il exhorté, appelant à «mettre fin aux violences incessantes perpétrées contre tout le peuple birman». Célébré toute la semaine, le Nouvel An birman, Thingyan, est traditionnellement l'occasion de larges amnisties et celle de cette année était très attendue avec l'arrivée la semaine dernière à la présidence de l'ex-chef de la junte au pouvoir depuis le coup d'Etat de 2021.