En bref
- Tokyo a protesté auprès de Moscou et exige la restitution immédiate des actifs russes de JTI saisis sur ordre du Kremlin
- JTI dit avoir respecté les sanctions et étudie ses options, alors que Moscou vise des groupes de pays jugés «inamicaux»
- La Suisse n’avait pas protesté après la saisie de Nestlé, se limitant à soutenir le groupe dans ses options juridiques
Tokyo a protesté auprès de Moscou et exigé la restitution immédiate des actifs russes de la société Japan Tobacco International (JTI), saisis sur ordre du Kremlin, a déclaré vendredi le porte-parole du gouvernement japonais, Minoru Kihara.
Plus tôt, JTI a annoncé examiner «d'éventuelles mesures» après la saisie ordonnée par Moscou et souligné dans un communiqué que la société avait «poursuivi ses activités en Russie tout en respectant l'ensemble des sanctions et réglementations nationales et internationales».
Plusieurs sociétés visées
La Russie et le Japon, qui ont depuis des décennies un différend territorial autour d'un chapelet d'îles du Pacifique, entretiennent des relations tendues depuis que Tokyo participe aux sanctions contre Moscou dans le cadre de la guerre en Ukraine.
La mise sous «administration temporaire» des actifs en Russie de JTI survient après des décisions similaires concernant notamment les actifs de la filiale russe du distributeur français Auchan et de l'ex-entité du groupe français Leroy Merlin, mais aussi ceux de Nestlé.
La Russie a invoqué leur appartenance à des pays «inamicaux» soutenant l'Ukraine. La Suisse n'avait pas protesté auprès de Moscou, comme le fait le Japon aujourd'hui. Le Conseil fédéral ne s'était pas exprimé après l'annonce de la saisie des activités de Nestlé en Russie. Le Secrétariat d'état à l'économie (Seco) et le DFAE avaient toutefois dit soutenir la multinationale dans ses options juridiques.
Seules quelques-uns sont restés
Depuis l'offensive russe à grande échelle en Ukraine lancée en février 2022 et les premières sanctions économiques décrétées par les Occidentaux, de nombreuses multinationales ont quitté la Russie. Mais certaines marques sont restées implantées, ce qui leur a valu parfois de vives critiques de l'Ukraine, et au-delà, au motif qu'elles participeraient ainsi au financement de l'État russe et donc de l'effort de guerre.