Elections tendues
Législatives en Israël: un homme armé s'attaque au chef de la gauche

Un homme armé d'un couteau a été arrêté à Tel-Aviv après avoir menacé Yaïr Golan, chef du principal parti de gauche israélien, lors des législatives ce mardi 27 octobre. L'opposition accuse Netanyahu d'attiser la haine.
Benjamin Netanyahu a multiplié les critiques virulentes contre la gauche durant sa campagne.
Photo: JEWEL SAMAD/Pool AFP via AP
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AFP Agence France-Presse

Entre une tentative d'agression au couteau contre une figure de la gauche, des accusations d'achats de voix et des bulletins dégradés, les élections législatives israéliennes se déroulent sous haute tension.

Alors que Benjamin Netanyahu et ses opposants multiplient les attaques verbales, l'opposition appelle à une mobilisation massive pour changer de gouvernement.

Arrestation d'un homme armé

La police a arrêté mardi un homme armé d'un couteau qui s'était approché avec un «air menaçant» de Yaïr Golan, chef du principal parti de gauche israélien, alors qu'il allait à la rencontre des électeurs en ce jour de législatives, a annoncé sa formation. Yaïr Golan se trouvait dans un parc de Tel-Aviv pour encourager les électeurs à aller voter lorsqu'un inconnu s'est approché de lui, a indiqué son parti, Les Démocrates. Lorsque les agents chargés de sa sécurité se sont interposés, un couteau de grande taille est tombé de ses vêtements, selon la même source. Ils ont alors interpellé l'homme. La police a confirmé son arrestation et le fait qu'il était porteur d'un couteau. Elle a précisé qu'il s'agissait d'un habitant de Jérusalem âgé d'une vingtaine d'années.

«L'incitation à la haine et la violence ne nous intimideront pas», a déclaré M. Golan dans un communiqué, attribuant l'attaque présumée à la «machine à poison» du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a multiplié les critiques virulentes contre la gauche durant sa campagne. Les faits surviennent après un différend au cours duquel Yaïr Golan avait dénoncé l'insuffisance de la protection assurée par l'État à son égard, une protection qui avait été renforcée peu avant les élections.

Ancien officier de l'armée, Yaïr Golan dirige Les Démocrates, principale formation de gauche israélienne, née notamment du regroupement des vestiges du Parti travailliste, qui a gouverné Israël pendant les trois premières décennies de son existence. Il fait partie d'une alliance électorale avec des candidats de l'opposition emmenés par l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, mais défend des positions plus à gauche que ses alliés. Il est le seul candidat d'un grand parti israélien à soutenir encore une solution à deux États avec les Palestiniens. Il défend également des positions progressistes sur les questions de société, notamment l'égalité des droits des personnes LGBTQ+.

Suspicion d'achats de voix

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a renouvelé mardi ses attaques contre les partis arabes, affirmant après avoir voté que certains tentaient «de voler les élections», à la suite de l'annonce d'arrestations de personnes suspectées de vouloir acheter des voix. Benjamin Netanyahu, qui a ciblé tout au long de sa campagne les partis arabes israéliens, a affirmé que «trois hauts responsables» du parti Raam (un acronyme en hébreu signifiant «Liste arabe unie») avaient été arrêtés dans le sud du pays avec des enveloppes remplies d'argent liquide.

Le directeur général par intérim de la Commission électorale centrale, Dean Livne, a évoqué un incident «inhabituel» lors d'une conférence de presse mardi matin, indiquant que «la police avait interpellé, avant même l'arrivée des électeurs dans les bureaux de vote, des individus qui tentaient d'acheter des voix». Il a précisé que les suspects, dont l'identité n'a pas été révélée, ne se trouvaient pas dans des bureaux de vote et avaient été arrêtés près de leur domicile, ajoutant qu'une enquête était en cours. «Aucun autre incident de ce type n'a été signalé dans le pays. Il s'agit d'un cas isolé», a-t-il assuré.

«Nous ne pouvons pas laisser cette bataille entre les mains de la gauche et des partis arabes qui veulent mettre fin à l'État juif», a déclaré Netanyahu. «Alors pas de barbecue, n'allez pas à la plage : allez voter pour le Likoud (ndlr: son parti)», a-t-il lancé. Raam, qui espère obtenir huit sièges à la Knesset (sur les 120 du Parlement israélien) pourrait jouer un rôle décisif dans la formation d'une coalition menée par l'opposition si les résultats du scrutin étaient aussi serrés que prévu.

Appel au changement de l'opposition

Plusieurs partis d'opposition, dont celui de Gadi Eisenkot, principal rival de Benjamin Netanyahu, ont de leur côté dénoncé, dès le début du scrutin, des dégradations de leurs bulletins de vote ainsi que la disparition de certains d'entre eux dans les bureaux. «Rien n'indique à ce stade que des bulletins de vote font l'objet de manipulations systématiques», a répondu la Commission électorale centrale, citée par le Times of Israel, précisant que tout signalement était immédiatement pris en charge.

Le centriste Gadi Eisenkot, principal rival du Premier ministre Benjamin Netanyahu aux législatives, a appelé mardi les électeurs à chasser du pouvoir «le pire gouvernement» de l'histoire d'Israël. «J'appelle tous les citoyens israéliens à aller voter, à ne pas se laisser décourager par la chaleur ou les perturbations, et à garder leur objectif en tête: remplacer dès ce soir le pire gouvernement qu'ait connu Israël depuis la création de l'État», a déclaré l'ancien général à la sortie du bureau de vote à Herzliya, au nord de Tel-Aviv.

La formation du principal rival de Benjamin Netanyahu a accusé mardi le Premier ministre de «préparer le terrain» à une contestation des résultats en cas de défaite, après qu'il a dénoncé dans la matinée des tentatives de l'opposition de «voler les élections». «Netanyahu panique et prépare le terrain pour contester les résultats», a déclaré Yashar, le parti centriste de Gadi Eisenkot. «Nous devons devancer le Likoud (le parti de Netanyahu, NDLR) avec une marge considérable; ce n'est qu'ainsi qu'il n'y aura aucune place pour semer le doute», a-t-il ajouté.

Netanyahu accusé de «mentir»

Le principal candidat arabe israélien Mansour Abbas, chef de la Liste arabe unie (Raam) en lice pour les législatives, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de «mentir» en accusant la minorité arabe de fraude électorale.

«Benjamin Netanyahu ment et tient des propos incendiaires à l'encontre de la Liste arabe unie, s'en servant comme d'un moyen de faire peur pour mobiliser les électeurs de droite et les pousser à se rendre aux urnes», a déclaré Mansour Abbas dans un message vidéo.

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