Un incendie d’une ampleur exceptionnelle a ravagé mercredi 26 novembre un complexe de huit immeubles en rénovation à Hong Kong, regroupant 2000 appartements. Au moins 75 personnes ont perdu la vie, selon un bilan provisoire amené à grimper alors que de nombreux résidents manquent encore à l’appel. Il s’agit du sinistre le plus meurtrier qu’ait connu la région depuis trente ans.
Trois hommes âgés de 52 à 68 ans sont soupçonnés d’homicide involontaire et de «négligence grave». Les autorités évoquent des manquements dans les travaux de rénovation et ont ouvert une enquête anticorruption. Plusieurs facteurs pourraient avoir amplifié le drame, à commencer par la qualité contestée des matériaux. Pour l'heure, la cause du départ est inconnue.
Des isolants en polystyrène inflammables
Le feu s’est propagé à sept immeubles. Dans le huitième, qui a échappé aux flammes, la police a découvert à chaque étage des panneaux de polystyrène utilisés comme isolant, potentiellement non conformes. Ce matériau aurait accéléré la propagation des flammes.
«Ces panneaux de polystyrène sont extrêmement inflammables et le feu s’est diffusé très rapidement», a déclaré Andy Yeung, directeur des services d’incendie. Celui-ci juge «inhabituelle» leur présence.
Des échafaudages en bambou remis en question
Les bâtiments de 31 étages étaient enveloppés d’échafaudages en bambou, de filets et de bâches en plastique, une pratique courante à Hong Kong. Mais ces matériaux auraient brûlé bien plus vite qu’ils n’auraient dû. «Sur les filets et les bâches, la combustion a été beaucoup plus rapide qu’ils ne le devraient avec des matériaux aux normes», a relevé Chris Tang, secrétaire à la sécurité. Une enquête doit déterminer s’ils étaient conformes.
De telles catastrophes sont rares dans une ville reconnue pour la rigueur de ses normes de sécurité. Pourtant, l’usage du bambou dans les chantiers suscite de plus en plus de critiques. En mars 2024, les autorités avaient déjà demandé que la moitié des projets publics adoptent des échafaudages métalliques, provoquant une levée de boucliers chez ceux qui défendent le bambou comme élément du patrimoine local. En octobre, ce matériau avait déjà été impliqué dans un départ de feu sur une tour du centre-ville.
Jeudi matin, les pompiers luttaient encore contre plusieurs foyers. Les températures extrêmes dans les bâtiments entravaient l’accès aux résidents piégés. Les secours concentrent désormais leurs efforts sur trois des sept immeubles touchés, où 279 personnes sont toujours portées disparues.