Propagation du Hantavirus sur le «MV Hondius»
Le membre d'équipage suisse a pu quitter le navire

Aujourd'hui, à Tenerife, le navire épidémique «MV Hondius» est évacué avec les précautions les plus strictes. Un Suisse se trouvait également à bord. Nous répondons aux principales questions sur cette mission délicate.
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Les passagers du «MV Hondius» seront évacués dimanche, vêtus de combinaisons bleues et de cagoules en plastique.
Photo: AP
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Guido Felder

Le navire de croisière «MV Hondius» a jeté l'ancre dimanche matin à 6h30 au large de l'île de Ténérife. Trois heures plus tard, l'évacuation a commencé à l'aide de petites embarcations, sous des mesures de sécurité très strictes.

Parmi les personnes à bord se trouvait un membre d'équipage suisse. Selon nos informations, il a pu quitter le navire et a été transporté par avion aux Pays-Bas. Il devra y observer une quarantaine stricte de six semaines. 

Comment se déroule l'évacuation?

Pour cette évacuation délicate, rien n'a été laissé au hasard. Le «MV Hondius» est actuellement immobilisé face au nouveau port industriel de Granadilla, dans le sud de l'île, où plus de 350 policiers sont déployés. Par mesure de sécurité, le navire a l’interdiction formelle d’accoster à quai. Le protocole sanitaire est tout aussi rigoureux: des médecins examinent chaque passager et membre d'équipage. Selon les premiers rapports, personne ne présente de symptômes pour le moment.

Les passagers sont transportés à terre dans des combinaisons de protection bleues et dans de petites embarcations. Ils se rendent ensuite à l'aérodrome, distant d'une dizaine de minutes, dans des bus rouges sur des routes barrées. Les sièges des bus sont recouverts de films plastiques, sans doute pour faciliter la désinfection.

Des avions spéciaux attendent à l'aérodrome pour rapatrier les gens dans leur pays. La France, par exemple, a envoyé un avion-ambulance de type Falcon. Le dernier vol de rapatriement doit avoir lieu lundi vers l'Australie.

Qui se trouve à bord?

Au total, le navire comptait 147 passagers et membres d'équipage issus de 23 pays. Selon la ministre espagnole de la Santé, Mónica García, les 14 ressortissants espagnols ont été les premiers à être évacués. Les passagers ne sont autorisés à emporter que leurs bagages à main; leurs valises doivent rester à bord pour subir une désinfection complète.

Qu'adviendra-t-il du membre d'équipage suisse?

Selon les informations connues à ce jour, un Suisse se trouvait à bord du «MV Hondius». L'Office fédéral de la santé publique (OFSP), a précisé qu'il s'agissait d'un membre de l'équipage. L'homme est considéré comme une personne contact, mais ne présente aucun symptôme selon les informations disponibles jusqu'à présent.

Comme l'a indiqué la porte-parole de l'OFSP Stéphanie Germanier à la demande de Blick, l'homme ne rentrera pas en Suisse pour le moment, mais seulement à la fin de la quarantaine de six semaines. La porte-parole de l'OFSP précise: «Les autorités néerlandaises sont responsables du transport et de la quarantaine des membres de l'équipage.» Elle ajoute que l'OFSP est en contact direct et régulier avec le membre d'équipage ainsi qu'avec ses proches en Suisse. «Malgré la situation, cette personne se porte bien et ne présente toujours pas de symptômes», précise Stéphanie Germanier.

Pourquoi le navire est-il amené aux Pays-Bas?

Le «MV Hondius» bat pavillon néerlandais, ce qui signifie que la responsabilité principale incombe aux Pays-Bas. Le ministère néerlandais des Affaires étrangères coordonne donc la réaction à la crise en collaboration avec les autorités sanitaires et l'OMS.

De plus, les Pays-Bas disposent de services spécialisés d'isolement et de médecine infectieuse pour les agents pathogènes rares comme la variante «Andes» de l'hantavirus.

D'où vient le virus?

L'OMS suppose que l'ornithologue amateur néerlandais, la première victime, a apporté le virus à bord. Après un séjour en Argentine, le retraité a entamé une croisière sur le «MV Hondius» avec sa femme le 1er avril dans la ville portuaire d'Ushuaia. Peu de temps après, il est tombé malade. Il est décédé le 11 avril. Sa femme est également décédée plus tard à terre.

Avant la croisière, le couple avait visité une décharge près d'Ushuaia pour observer des oiseaux. Il est possible qu'il y ait contracté l'hantavirus.

Selon les dernières données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il y a jusqu'à présent six cas confirmés d'hantavirus et deux cas suspects. Trois de ces huit personnes sont décédées.

Un passager suisse, qui avait débarqué plus tôt, est déjà traité à Zurich. Il avait développé des symptômes après son retour et a été testé positif à la variante des Andes. Il est isolé à l'Hôpital universitaire de Zurich; son épouse est restée en auto-isolement par mesure de précaution.

*Nom connu

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