Une journaliste américaine a été enlevée mardi en Irak par un groupe pro-Iran présumé, a annoncé Washington, alors que la situation sécuritaire se dégrade dans le sillage des frappes israélo-américaines contre l'Iran. «Un individu ayant des liens avec la milice Kataëb Hezbollah, alliée de l'Iran et présumée impliquée dans l'enlèvement, a été arrêté par les autorités irakiennes», a écrit sur X Dylan Johnson, secrétaire d'Etat adjoint à la diplomatie publique.
Le département d'Etat a déclaré avoir averti la journaliste de risques liés à sa sécurité et s'efforcer d'obtenir sa libération «dès que possible». Selon un responsable américain sous couvert de l'anonymat, elle a été contactée à plusieurs reprises à propos de menaces la visant, y compris la nuit dernière».
Auparavant, le ministère de l'Intérieur irakien avait indiqué qu'"une journaliste étrangère a été kidnappée par des inconnus" et que les forces de sécurité s'employaient à «garantir sa libération», selon un communiqué. Une source sécuritaire a dit à l'AFP que les faits s'étaient produits dans la capitale Bagdad.
«Les efforts se poursuivent»
La journaliste a été identifiée comme étant Shelly Kittleson, qui collabore notamment avec le site spécialisé sur le Moyen-Orient, al-Monitor. Ce dernier a appelé à sa libération «immédiate». Dans un communiqué, Reporters Sans Frontières (RSF) s'est dit pour sa part très préoccupé par cet enlèvement, et a souligné que la journaliste «connaissait bien l'Irak».
Selon l'International Women's Media Foundation, une ONG, Shelly Kittleson est une «journaliste reconnue» spécialisée sur le Moyen-Orient et est basée à Rome. Les autorités irakiennes ont déclenché une opération pour retrouver les ravisseurs après avoir reçu des informations ayant fait état de son enlèvement.
Une course-poursuite a conduit à l'interception d'un véhicule «appartenant aux ravisseurs, qui s'est renversé alors qu'ils tentaient de fuir. Les forces de sécurité ont pu arrêter l'un des suspects et saisir l'un des véhicules utilisés pour le crime», a ajouté le ministère. «Les efforts se poursuivent pour retrouver les autres individus impliqués et garantir la libération de la journaliste enlevée», selon la même source.
Par le passé, Bagdad était tristement célèbre pour les enlèvements et les tentatives d'enlèvement mais leur nombre a diminué à mesure que la situation sécuritaire de l'Irak s'est améliorée ces dernières années. L'universitaire israélo-russe Elizabeth Tsourkov a été kidnappée dans la capitale irakienne en 2023. Elle a été détenue pendant deux ans avant d'être libérée l'an dernier.