Les partis d'opposition grecs ont demandé mercredi des explications au gouvernement conservateur après le renvoi de l'ambassadrice des États-Unis en Grèce, accusée d'avoir été impliquée dans des intérêts économiques, en particulier dans le secteur énergétique du pays.
Dimitris Mantzos, chargé des affaires étrangères au principal parti de l'opposition grecque, Pasok (socialiste), a appelé le gouvernement à «s'expliquer» sur ces révélations «concernant des menaces présumées d'ingérence directe dans la vie politique et le fonctionnement démocratique de la Grèce».
Le président américain Donald Trump a renvoyé mardi l'ambassadrice des États-Unis en Grèce, Kimberly Guilfoyle, 57 ans, ex-fiancée du fils aîné de M. Trump, fragilisée par une série de révélations compromettantes du quotidien américain Wall Street Journal (WSJ) qui évoquent notamment de présumés conflits d'intérêts et manquements à l'éthique.
«Kimberly Guilfoyle avait un rôle de médiation ou de promotion d'intérêts économiques bénéficiant d'un accès privilégié, notamment dans le secteur de l'énergie», a déclaré Dimitris Mantzos.
«Quelle est la position du gouvernement face aux évolutions susmentionnées ?», a-t-il demandé. «Le ministère des Affaires étrangères a-t-il jamais convoqué à ce jour l'ambassadrice des États-Unis afin qu'elle fournisse des explications sur les incidents susmentionnés ?»
Le Pasok comme d'autres partis d'opposition avaient demandé au gouvernement grec la semaine dernière, lors d'une visite officielle du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio à Athènes, des détails sur «le contenu, l'objectif et l'utilité des accords énergétiques, de défense et autres qui ont été conclus» entre la Grèce et les États-Unis.
Le Pasok rappelle que M. Rubio «avait alors exprimé le plein soutien du gouvernement des États-Unis à l'ambassadrice aujourd'hui révoquée», malgré les révélations du WSJ dans une série d'articles sur cette ancienne animatrice de la chaîne américaine conservatrice Fox News devenue une figure du mouvement trumpiste Make America Great Again.
«Une affaire des États-Unis»
Le parti de gauche radicale Syriza a accusé le gouvernement du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis d'"avoir choisi le silence» et de «s'être même abstenu d'exiger publiquement des explications» auprès des États-Unis.
Pour le gouvernement, la question du renvoi de l'ambassadrice américaine est «une affaire des États-Unis» et «n'affecte pas les relations gréco-américaines», a affirmé le vice-président du gouvernement Kostis Hadzidakis lors d'un entretien mercredi à la télévision publique Ertnews.
De nombreux journaux grecs - qui avaient suivi de près Kimberly Guilfoyle depuis son arrivée en Grèce en décembre 2025, un an après sa nomination par Donald Trump - font leur une mercredi sur le scandale.
«Les coulisses d'une +expulsion+, Guilfoyle quitte les lieux après 339 jours», titre ainsi le quotidien Ta Nea (centre), rappelant «les voyages» de Kimberly Guilfoyle avec des entrepreneurs grecs. «Kimberly Guilfoyle: des flashes à la chute brutale de la favorite de Trump», a écrit le site d'information To Vima. «Fin de partie pour Guilfoyle», titre le quotidien Kathimerini (droite) s'interrogeant sur «les scénarios» de sa succession.
Dans la conjoncture actuelle en matière d'approvisionnement énergétique, la Grèce veut contribuer au transport du gaz naturel en Europe de l'Est, en particulier via son port d'Alexandroupoli (nord-est) où arrive le gaz liquéfié (GNL) américain.
En outre, Athènes a récemment signé des accords avec deux consortiums menés par les géants énergétiques américains Chevron et ExxonMobil pour des forages exploratoires dans des zones maritimes du sud et de l'ouest du pays.
Lors de sa visite à Athènes, Marco Rubio a annoncé un accord bilatéral sur le partage d'informations concernant le trafic de drogue et le terrorisme.
De son côté, le gouvernement grec a annoncé «des ventes (par les États-Unis) de matériel militaire d'un montant de quatre milliards de dollars (3,575 milliards d'euros) pour soutenir la planification de défense à long terme de la Grèce».