Meurtre, trafic de drogue,...
Plus de femmes et enfants dans la criminalité organisée

Les réseaux criminels en France recrutent de plus en plus de femmes et de mineurs via les réseaux sociaux, selon un rapport de 2025. Ces profils, moins suspects, sont utilisés pour des livraisons et des assassinats.
Le monde numérique a permis d'étendre le vivier de recrutement des bandes organisées.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Les organisations criminelles en France diversifient et étendent leurs stratégies de recrutement, ciblant de plus en plus femmes et mineurs. «Longtemps exclues de la gestion des points de deal physiques, le recrutement via les réseaux sociaux de livreurs pour les centrales d'appel a contribué à féminiser la vente de stupéfiants», note le rapport du Service d'information, de renseignement et d'analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco).

«Les trafiquants n'ont pas tardé à y voir un avantage, leur profil moins associé à la délinquance et à la criminalité organisée diminuant d'autant le risque de contrôle sur la voie publique», poursuit-il. De l'organisation de convois de stupéfiants à la poursuite des activités d'un conjoint incarcéré, les femmes ne sont pas cantonnées à des rôles subalternes.

Le rapport cite le cas d'un trafic de drogue à Marseille (sud) en 2025, piloté par un homme multirécidiviste qui ne s'entourait que de femmes pour opérer les livraisons ou effectuer des trajets vers l'Espagne avec des véhicules loués. D'autres exemples mentionnent des implications de femmes à Bordeaux (sud-ouest) ou Perpignan (sud). Certaines sont aussi «désormais plus fréquemment mises en cause pour leur participation aux assassinats».

Influence du monde numérique

Le monde numérique a également permis d'étendre géographiquement le vivier de recrutement, – des limites des quartiers à désormais la France entière –, et celui des jeunes en particulier. Ces derniers sont notamment «impliqués de plus en plus fréquemment dans les affaires d'enlèvements et de séquestrations», relève le rapport.

La multiplication des conflits entre trafiquants locaux fait «apparaître de nouveaux profils d'équipes composées de jeunes plus faiblement rétribués, facilement remplaçables et mobiles, recrutés directement parmi la main-d'oeuvre habituelle du point de deal ou via des petites annonces sur les réseaux sociaux dans la France entière».

Ados embauchés pour tuer

En 2024, un quart des enquêtes élucidées impliquent des jeunes tueurs âgés de moins de 20 ans avec «une sur-représentation des régions Sud et Sud-Est». Pour les trois premiers trimestres de 2025, ils représentent 28% des auteurs.

«La digitalisation a largement favorisé la rencontre entre l'offre et la demande de biens et de services criminels», résumait jeudi lors d'une conférence à Marseille Annabelle Vandendriessche, cheffe du Sirasco. Car «ce qui nécessitait auparavant de détenir un certain nombre de contacts permettant d'avoir accès à des réseaux proposant stupéfiants, armes, faux papiers, fichiers de police (...) est aujourd'hui à la portée de tout un chacun».

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