LFI veut l'annulation de ses concerts
Marine Le Pen refuse de condamner Bruel à «la mort professionnelle»

Marine Le Pen a défendu vendredi la tenue des concerts de Patrick Bruel malgré les accusations de viol qui le visent. La France insoumise réclame au contraire l’annulation de sa tournée au nom de la protection des femmes.
Marine Le Pen a estimé qu'on ne pouvait pas empêcher Patrick Bruel de se produire en concert.
Photo: AFP
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

Marine Le Pen a estimé vendredi qu'on ne pouvait pas empêcher Patrick Bruel, visé par quatre plaintes pour viol en France, de se produire en concert, sous peine de le condamner «à la mort professionnelle» avant que la justice se prononce, LFI réclamant de son côté l'annulation de ses concerts.

«C'est condamner quelqu'un à la mort professionnelle ou à la mort sociale avant que la justice se soit prononcée», a déclaré la cheffe des députés du Rassemblement national sur BFMTV-RMC. «Si on fait ça, on rompt avec l'Etat de droit», a-t-elle argumenté, rappelant le «principe fondamental» du droit voulant que «tant que vous n'êtes pas définitivement condamné, vous êtes présumé innocent». Et, a-t-elle insisté, «les principes doivent être appliqués même quand ils vont à rebours de votre sentiment personnel, c'est ça la force d'un principe».

LFI veut l'annulation des concerts

«Ça n'empêche pas que chacun peut avoir sa conscience personnelle, son intime conviction sur les faits», a reconnu la responsable d'extrême droite, elle-même dans l'attente d'une décision judiciaire qui pourrait l'empêcher de concourir une quatrième fois à la présidentielle. «Si vous appliquez le principe au bénéfice de vos propres amis mais pas au bénéfice de gens avec lesquels vous n'avez pas de point commun, alors vous n'avez plus de principes», a encore argumenté Marine Le Pen, rappelant qu'elle «n'aime pas» le chanteur. Elle s'est dite choquée par les accusations portées contre lui – qui les réfute —, fustigeant «tous ces gens qui sont accusés de se comporter comme des porcs avec les femmes», une «véritable honte». 

Dans un communiqué vendredi soir, La France insoumise a demandé à l'inverse l'annulation de la cinquantaine de concerts que le chanteur de 67 ans s'apprête à donner, dans le cadre d'une tournée pour les 35 ans de son album iconique «Alors regarde». «Les représentantes de MeTooMédia alertent sur les risques que la tenue de ces concerts fait peser sur des fans et des travailleuses de l'industrie musicale», affirme LFI, qui dit soutenir «toutes celles qui décideront de boycotter ou d'exercer leur droit de retrait».

«Présomption de crédibilité»

Plus largement, la formation de gauche radicale demande «l'annulation de ces concerts», considérant que «la présomption d'innocence n'empêche pas une présomption de crédibilité» pour les accusatrices.

«Ni la présomption d'innocence ni les profits d'une tournée ne justifient de faire fi de la protection des femmes et des jeunes filles», insiste LFI, qui rappelle que les programmateurs peuvent prendre la décision d'annulation et que les assurances peuvent «choisir d'inclure les risques de violences sexistes et sexuelles dans les clauses de remboursement en cas d'annulation». Jeudi, le chef du parti d'extrême droite Reconquête, Eric Zemmour, avait jugé «scandaleux» que Patrick Bruel ne puisse pas «travailler jusqu'au bout».

Le chanteur qui doit lancer sa tournée le 16 juin au Cirque d'Hiver à Paris, puis passer dans de nombreuses villes françaises, en Suisse et en Belgique est invité par plusieurs maires, notamment ceux de Paris et Marseille, à renoncer à se produire dans leurs villes, en raison de quatre plaintes pour viols en France et une enquête judiciaire pour agression sexuelle en Belgique. Trois concerts du chanteur, prévus en décembre au Québec, ont été annulés.

Articles les plus lus