En bref
- Le Parti démocrate a mis en avant cinq priorités : pouvoir d'achat, santé, libertés individuelles, démocratie et environnement. Ces axes visent à réduire les inégalités, renforcer les institutions démocratiques et promouvoir une transition énergétique créatrice d'emplois
- Le programme inclut la défense de l'Obamacare, une fiscalité plus équitable, la protection du droit à l'avortement et des investissements dans les énergies renouvelables. Les ailes progressiste et centriste du parti divergent sur certains points, comme la couverture universelle en santé
- Selon Gallup, en octobre 2026, 68 % des électeurs démocrates jugeaient la santé prioritaire pour leur vote, suivie par les inégalités économiques (65 %) et la situation en Iran (58 %).
Battre Trump était évidemment la priorité. C'est un référendum contre l'actuel président des Etats-Unis que les démocrates ont remporté le 3 novembre, à l'issue des élections législatives de mi-mandat. L'intéressé, qui avait demandé aux électeurs républicains de voter comme si son nom était sur les bulletins, a d'ailleurs compris le message. Dans un post sur les réseaux sociaux, Donald Trump a affirmé qu'il l'aurait emporté s'il avait été candidat...
Penser que ce «tsunami bleu» (la couleur du Parti démocrate américain) est le seul résultat d'un vote anti-Trump serait toutefois erroné. Ce parti, cantonné depuis deux ans dans l'opposition, a mis sur pied un programme nouveau, incarné par des candidats souvent issus du terrain, en particulier des professions médicales. Le 120e Congrès des Etats-Unis, qui prendra ses fonctions en janvier, a donc bel et bien un programme. Des promesses devront être tenues.
Non à la guerre en Iran
Ce n'est pas surprenant, mais cela a rapporté beaucoup de voix aux démocrates. La décision du président Trump d'engager, le 28 février 2026, les hostilités contre le régime de Téhéran a ouvert une boîte de Pandore dans laquelle ses opposants se sont engouffrés.
Trump avait promis d'être un homme de paix et de régler le conflit en Ukraine en 24 heures. Il avait aussi promis que l'opération en Iran se déroulerait comme au Venezuela, où les forces spéciales américaines ont enlevé le président Maduro.
Rien de tout cela n'a eu lieu. Le prix du carburant a explosé. Les démocrates ont saisi l'opportunité. Ils veulent en finir avec cette guerre. Ce qui a débouché, au sein du parti, sur une fracture entre ceux qui attribuent la responsabilité du conflit à Israël et ceux qui ciblent leurs critiques sur Trump.
Oui à une assurance-maladie
Il faut s'entendre sur les termes. Personne ne parle, aux Etats-Unis, d'une «sécurité sociale» à la française! Mais l'idée de réhabiliter l'«Obamacare» (dont le nom officiel est Affordable Care Act (ACA), voté en 2010 et que l'on peut traduire par «loi sur les soins abordables») est sur la table.
Sur ce plan, l'échec de Trump est patent. Son ministre de la Santé, Robert F. Kennedy, connu pour son opposition aux vaccins, n'a pas réussi à faire reculer les géants de la pharma, dont l'argent inonde le secteur. On retrouve plusieurs médecins ou professionnels de la santé dans l'écurie démocrate de 2026. Logique!
Non aux prédateurs de la Tech
Le Parti démocrate n'est plus le parti de la tech californienne, comme il le fut longtemps. Partout, les démocrates ont soutenu des référendums pour limiter – ou abandonner – les projets d'implantation de centres de données.
On l'a vu dans le Michigan, dans l'Ohio, en Arizona, au Texas, en Californie. Le débat a été encore plus personnalisé au Texas ou dans le Michigan, deux Etats où le même homme, Elon Musk, a financé la campagne des pro-Trump à hauteur de centaines de millions de dollars. Les prédateurs de la tech sont prévenus.
Oui aux libertés
Ce vote des midterms est un vote solide, incontestable, en faveur de la démocratie américaine. Les démocrates ont fait campagne sur les atteintes à l'Etat de droit menées par Donald Trump et les siens. Ils ont aussi fait campagne pour réinstituer le droit fédéral à l'avortement.
En général, les opposants à Donald Trump l'ont sanctionné parce qu'ils jugent son attitude immorale dans de nombreux domaines. Plusieurs de leurs candidats ont publiquement dénoncé la corruption de son administration et de sa famille.
Non à la chasse aux migrants
C'est le chapitre le plus délicat. De nombreux électeurs démocrates de 2026 avaient voté Trump en 2024 pour soutenir sa politique anti-migrants. Or, la police ICE a dérapé, jusqu'à tuer des activistes venus soutenir les associations de défense des sans-papiers.
La victoire démocrate ne signifie pas du tout que les élus sont unis sur ce sujet. D'importantes fractures divisent les démocrates. Mais le message des votants de 2026 est clair: les rafles et les déportations doivent cesser.