«C'est un privilège de pouvoir choisir le moment de ses adieux»
La lettre de suicide présumée de Jeffrey Epstein a été dévoilée

Une lettre de suicide attribuée à Jeffrey Epstein a été rendue publique aux Etats-Unis. Retrouvé par son codétenu en 2019, le document était resté sous scellés pendant des années.
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Le prédateur sexuel Jeffrey Epstein a été retrouvé inanimé dans sa cellule quelques semaines avant sa mort en juillet 2019.
Photo: keystone-sda.ch
Léa Perrin - Journaliste Blick
Léa PerrinJournaliste Blick

Nouveau rebondissement dans l'affaire Jeffrey Epstein. Un juge fédéral a rendu publique une lettre de suicide prétendument écrite par le prédateur sexuel mort en prison en 2019, relate le «New York Times» ce mercredi 6 mai. Retrouvée par son codétenu, cette lettre était restée sous scellés pendant des années. 

Le compagnon de cellule du financier déchu, Nicholas Tartaglione, a déclaré avoir découvert le mot dans une bande dessinée après une première tentative de suicide de Jeffrey Epstein. Ce dernier avait été retrouvé inanimé avec un morceau de tissu autour du cou, en juillet 2019. Le milliardaire a survécu à ce premier incident, avant d'être retrouvé mort quelques semaines plus tard au Metropolitan Correctional Center de Lower Manhattan. 

«Un privilège»

«Ils ont enquêté sur moi pendant des mois – ET N'ONT RIEN TROUVÉ!», mentionne la lettre non signée. «Qu'est-ce que tu veux que je fasse? Que je me mette à pleurer!!», peut-on lire sur le morceau de papier jaune, qui se conclut par ces mots soulignés: «NO FUN – not worth it!!» («Pas amusant – ça n'en vaut pas la peine!»).

«C'est un privilège de pouvoir choisir le moment de ses adieux», peut-on encore lire sur la note manuscrite attribuée à Jeffrey Epstein. Le document n'est pas daté et n'a pas encore été authentifié. Il est donc difficile pour l'heure d'affirmer qu'il a été écrit des mains du criminel sexuel, alors que les circonstances de sa mort continuent d'alimenter les doutes dans l'opinion publique américaine. Le médecin légiste avait conclu à un suicide, malgré les nombreuses théories évoquant un possible assassinat. 

Chronologie énigmatique

Le billet a été rendu public mercredi, soit sept ans après la mort du milliardaire, par le juge Kenneth M. Karas du tribunal de district fédéral de White Plains dans l'Etat de New York. La note a été versée au dossier du tribunal dans le cadre de l'affaire pénale de Nicholas Tartaglione, le codétenu d'Epstein. 

L'ancien policier, aujourd’hui condamné à quatre peines de prison à perpétuité, explique avoir remis la lettre à ses avocats pour se protéger. Après l’incident, Epstein avait d’abord affirmé aux autorités pénitentiaires que son codétenu l’avait agressé, avant de revenir sur ses déclarations et d’assurer n’avoir «jamais eu de problème» avec lui. Nicholas Tartaglione a toujours nié toute agression.

Le document est ensuite devenu un élément sensible du dossier judiciaire de Nicholas Tartaglione. Les échanges autour de cette lettre ont été placés sous scellés pendant plusieurs années afin de protéger le secret professionnel entre l’accusé et ses avocats. Le juge fédéral Kenneth Karas a finalement autorisé sa publication après une demande du «New York Times», estimant que l’affaire suscitait un important intérêt public.

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