Les Etats-Unis ont annoncé mardi des sanctions contre la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), la Japonaise Tomoko Akane, ainsi qu'un autre haut magistrat, dans le cadre de leur campagne contre cette institution accusée d'être «politisée».
«Ces personnes ont participé directement aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, placer en détention ou poursuivre des responsables dont le gouvernement n'a pas accepté la compétence de la CPI», a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, dans un communiqué. L'autre haut responsable sanctionné est l'actuel substitut du procureur de la CPI, le magistrat sénégalais Abdoulaye Seye.
Les Etats-Unis, qui n'adhèrent pas au traité international ayant institué la CPI, basée à La Haye au Pays-Bas, ont imposé des sanctions visant plusieurs magistrats de la Cour. Celles-ci interdisent notamment aux juges d'entrer dans le pays et bloquent toute transaction immobilière ou financière avec eux dans la première économie mondiale.
Une «menace» pour les Américains
Ces sanctions constituent en majorité une réponse aux enquêtes menées par la CPI à l'encontre d'Israël. Washington a lancé le mois dernier une offensive diplomatique majeure contre la CPI, l'accusant de «menacer» les Américains et appelant ses partenaires à s'en retirer, ce qu'ont déjà annoncé le Tchad et le Venezuela notamment.
L'administration Trump «a été claire: la CPI est une juridiction supranationale corrompue et gravement politisée qui a abusé de son autorité de manière malveillante et outrepassé son mandat», a dénoncé Marco Rubio. «Nous ne tolérerons pas qu'elle porte atteinte à la souveraineté des Etats», a ajouté le secrétaire d'Etat américain.
La CPI s'insurge
Ces sanctions «sapent l'Etat de droit», a déclaré la Cour dans un communiqué publié mardi, dans la foulée de mesures prises par Washington à l'encontre de sa présidente. «Lorsqu'il est fait pression sur les acteurs judiciaires pour les empêcher d'appliquer la loi, c'est l'ordre juridique international lui-même qui est mis en danger», a ajouté la CPI dans son texte envoyé aux journalistes.