Les cafés Starbucks en Corée du Sud fermeront pour une demi-journée la semaine prochaine, cours d'histoire oblige pour le personnel après un tollé sur une publicité, a annoncé l'enseigne lundi. La réclame évoquait la répression du soulèvement prodémocratie de 1980.
La polémique est née d'une promotion locale présentant le jour férié du 18 mai comme le «Tank Day», afin de vanter des gobelets réutilisables. Cet intitulé a suscité une vive indignation, car il évoque les véhicules militaires utilisés contre des manifestants prodémocratie à Gwangju (sud-ouest) en 1980, le jour anniversaire du soulèvement. Des centaines de personnes y avaient été tuées par l'armée.
Shinsegae Group, qui exploite la marque américaine Starbucks sous licence, a indiqué que le message avait été élaboré après consultation d'une IA et que les employés n'avaient «réalisé le caractère potentiellement problématique de la campagne qu'après la vive réaction du public». Certains responsables avaient approuvé l'opération publicitaire «sans ouvrir la pièce jointe».
Fort repli des ventes
Le groupe a annoncé que, le 22 juin, les employés de Starbucks Korea suivraient «une formation sur la conscience historique et la sensibilité sociale en visionnant des vidéos».
Les cafés baisseront ainsi le rideau à 15h00 pour trois heures de cours. Il s'agit de la première fermeture simultanée des plus de 2000 établissements de la chaîne en Corée du Sud depuis leur arrivée en 1999.
Quelques cafés resteront cependant ouverts, notamment dans des aéroports, a précisé un représentant de Shinsegae à l'AFP. Après des appels au boycott et l'émoi dans le pays, Shinsegae a fait état d'un «fort repli des ventes».
Le président sud-coréen Lee Jae-myung s'est indigné d'une campagne «tournant en dérision» les militants prodémocratie, se disant «révolté par cette conduite inhumaine et honteuse».